Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Florilège positivo-cahiériste 1953

Critiques d'époque, à propos des films sortis en 1953 :

Citations extraites des Cahiers du Cinéma
Citations extraites de Positif


"Enjambant les marais de milliers de films "drôles" morts-nés, notre auteur ne tend la main qu'aux sommets. Courage, Tati, vous faites de la bonne comédie." (Bernard Chardère)
"Heureux Tati qui sait se renouveler avec autant d'aisance qu'il met de désinvolture à ignorer les conventions établies du spectacle cinématographique, à se tailler une place bien à lui dans la comédie burlesque !" (Serge Parmion)
LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT, Jacques Tati

"A côté de l'humour grinçant de la Règle, de l'acceptation fataliste du Fleuve, voici une atmosphère de bonheur. Le film est de désinvolture et de fantaisie : ne se soucier que de se plaire et de plaire." (Hector Williams)
"Le Carrosse d'or aura d'abord pour nous une première vertu : celle de joindre les deux bouts de la boucle d'une évolution commencée en 1939 avec La Règle du jeu qui, venant après La Bête humaine, rompait complètement avec la structure habituelle du film chez Renoir et qui ne semblait pas pour autant annoncer la "période américaine", où se forma pourtant l'éthique nouvelle qui aboutira au Fleuve, œuvre panthéiste qui se définit elle-même comme un acte d'amour et une leçon de bonté. Or Le Carrosse d'or c'est le message du Fleuve dans le rythme de La Règle du jeu et formulée par l'intermédiaire de la Commedia dell'Arte." (Jacques Doniol-Valcroze)
LE CARROSSE D'OR, Jean Renoir

"Il me resterait encore à faire bien des réticences, ce qui finalement pourrait me faire paraître sévère pour une œuvre habilement conduite et qui ne manque pas d'excellents moments ; sévérité qui s'explique dès qu'on veut le comparer aux chefs-d'œuvres tirés de thèmes voisins ou similaires." (Guy Jacob)
"Au terme d'un effort technique qui a été, semble-t-il, lent et pénible, le film de Clouzot, dans une brutale perfection formelle balaye les brouillards spiritualistes et devient une image inoubliable de l'atrocité du monde." (Pierre Kast)
LE SALAIRE DE LA PEUR, Henri-Georges Clouzot

"Peut-être cette attente enlève-t-elle à l'histoire sa puissance de chef d'œuvre, mais je n'en suis pas si sûr : son ambiguité en est peut-être la morale, et nous avons vécu, avec une intensité rare et une forme nouvelle, la plus abanale, la plus simple, mais aussi la plus difficile des histoires du monde, un homme et une femme s'aiment et vont se quitter à jamais dans une gare." (Michel Dorsday)
"Si le rêve de De Sica a vraiment toujours été de faire un film à partir de rien, de nous donner simplement une tranche de vie, vue de l'extérieur, phénoménologiquement, il semble que ce soit bien plus avec Stazione Termini qu'avec Umberto D. qu'il y soit parvenu." (Madeleine Vivès)
STATION TERMINUS, Vittorio De Sica

"Ce qui fait de La Bergère et le ramoneur le premier dessin animé français et peut-être la première œuvre en dessin animé, c'est qu'il veut dire quelque chose. Excellente signification, merveilleuse propagande : apprendre aux enfants que l'amour c'est beau, que la police c'est laid,etc." (Bernard Chardère)
"Avec La Bergère et le ramoneur, Paul Grimault et son équipe ont réussi le premier long métrage de dessin animé qui ne soit pas conditionné comme un produit de manufacture, ou même d'atelier, et laissé pressentir ce que serait l'impossible épanouissement d'un art, dont l'approche malheureusement ne peut qu'être accidentelle et catastrophique." (André Martin)
LA BERGERE ET LE RAMONEUR, Paul Grimault

"Viva Zapata ! choquera certains, en lassera d'autres. Qu'ils prennent soin pourtant d'y regarder à deux fois. Un insolite sens de la grandeur qui ne doit rien aux poncifs cinématographiques de la "démocratie américaine" surgit soudain de tel passage. Souvent le sujet l'emporte, qui est des plus nobles." (Jacques Doniol-Valcroze)
"Viva Zapata n'est qu'une suite de morceaux de bravoure et de prouesses d'opérateur. S'il est vrai qu'un film d'Eisenstein est un cri, le film de Kazan est une page d'écriture. Il a le froid brillant d'un album de photographies. C'est cette préfabrication plastique que rechercha Kazan." (Jacques Demeure)
VIVA ZAPATA !, Elia Kazan

"Le film est d'ailleurs assez complètement manqué malgré quelques arêtes vives, quelques audaces, quelques beautés formelles, quelques passages d'une savoureuse ironie et surtout une fin assez ambigüe qui confère presque in extremis au film un certain ton d'ensemble." (Jacques Doniol-Valcroze)
"Les Ensorcelés, étude de psychanalyse plus ou moins explicite, centrée sur la personnalité de quelques individus des milieux hollywoodiens, est décevant. Je crois qu'il faut le considérer comme un échec dans la carrière de Minnelli. Pourtant le scénario n'était pas mauvais, mais son cadre contemporain (à l'encontre de Madame Bovary) excluait une fiction excessive dans le décor." (Etienne Chaumeton)
LES ENSORCELES, Vincente Minnelli

"The Big heat est un beau film. Il est la très précise réplique en thriller de l'excellent Ange des Maudits. Admirable directeur d'acteurs (et surtout d'actrices), Fritz Lang donne enfin à Gloria Grahame sa vraie chance." (François Truffaut)
"Parler de médiocrité à propos de Guérillas, de L'Ange des Maudits, de Règlements de compte - où Lang était, semble-t-il, moins réalisateur que "producer" et "supervisor" - et de La Femme au gardénia, revient à dire que ces films auraient pu être signés par n'importe quel bon technicien de Hollywood : Alfred Werker, Douglas Sirk, Peter Godfrey, Lewis Allen..." (La rédaction)
REGLEMENT DE COMPTES, Fritz Lang

"Ce très beau film nous révèle mieux qu'aucune œuvre antérieure de Yves Allégret, à l'exception d'Une si jolie petite plage, l'authenticité et la personnalité du talent de ce metteur en scène, le plus grand à coup sûr qui se soit imposé en France depuis la dernière décade." (Roger Tailleur)
"Ici le parti-pris n'a rien en soi de nouveau. La littérature américaine dite de comportement est déjà une révélation lointaine. C'est pourtant le seul cinéma italien qui lui a répondu vingt ans plus tard au moment même où se développait, en France, le roman sartrien et un certain nombre d'entreprises parallèles. Les Orgueilleux en faisant un pas dans ce sens mérite, en dépit de nombreuses faiblesses, d'être considéré comme un des films français les plus importants de l'année." (Jacques Doniol-Valcroze)
LES ORGUEILLEUX, Yves Allégret

"On parlait tout à l'heure de climat et de ton : c'est en fait ce qui manque le plus au film de Mankiewicz. Dans ses mains, la caméra semble avoir perdu toute magie créatrice." (Jean-José Richer)
"En adaptant Shakespeare (Jules César, 1953) Mankiewicz a choisi la mauvaise formule, celle de Laurence Olivier pour Hamlet, l'académisme. Ça et là, Marlon Brando sauvait le texte de Shakespeare. Comme Sacha Guitry, Mankiewicz est son propre scénariste." (La rédaction)
JULES CESAR, Joseph L. Mankiewicz

"Au premier rang il convient de placer Anthony Mann dont les réalisations, toutes honorables, sont dominées par L'Appât. Cette chasse à l'homme, où poursuivants et poursuivis sont bientôt obligés de chevaucher de concert, est un voyage de la peur qui refuse le ton épique." (Jacques Demeure)
"Certes les ambitions d'un Anthony Mann sont moins hautes que celles d'un Howard Hawks ou d'un Fritz Lang, son œuvre moins profondément personnelle ; mais quel film nous pourrait donner images plus attachantes de l'effort ou de la fatigue, de la frustre rivalité des hors-la-loi, de l'âpreté de leurs combats ou de leurs attachements ?" (Jacques Rivette)
L'APPAT, Anthony Mann

"La manière est classique, mais sans parti pris d'intemporalité ni le vernis superficiel de l'habituel "cinéma français". Lara sait son métier à la perfection, il a des choses à dire et il les dit avec la sensibilité qu'on lui connaît depuis longtemps." (Bernard Chardère)
"Si le cinéma est l'art du changement et de la durée, rien de moins cinéma que ce film : le monde qu'il dépeint est statique, les personnages restant tels quels du début jusqu'à la fin figés et vides. Peut-être aurions-nous eu un grand film si nous avions assisté aux métamorphoses réciproques de M. Dupont et de sa fausse maîtresse." (Jean Domarchi)
LE BON DIEU SANS CONFESSION, Claude Autant-Lara

"Je ne crois pas à la poésie involontaire, ici encore moins qu'ailleurs. Je pense que les meilleurs westerns sont, tout bien pesé, ceux qu'un grand nom signa. Je dis ceci parce que j'aime le cinéma, parce que je crois qu'il est le fruit non du hasard mais de l'art et du génie des hommes, parce que je pense qu'on ne peut aimer profondément aucun film si l'on n'aime profondément ceux de Howard Hawks." (Maurice Schérer / Eric Rohmer)
"Il y a, en effet, dans la carrière de Hawks, une exception significative : ce film qu'il tourna dans un Parc National, sur les pionniers du Missouri, La Captive aux yeux clairs (The Big Sky, 1952). Est-ce la liberté donnée soudain au metteur en scène, est-ce la part d'improvisation inévitable en extérieur, est-ce le retour à l'épopée américaine, est-ce l'apport du scénariste Dudley Nichols ? Cette œuvre où des plaisantins ont voulu voir le signe de l'"intériorité", est une chronique de plein air qui évoque à la fois Till Eulenspiegel et Fenimore Cooper." (La rédaction)
LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS, Howard Hawks

"Le plus constant privilège des maîtres est sans doute de tout voir tourner à leur avantage, et les défauts les plus simples, plutôt que de les effacer ; si l'on s'étonne maintenant de me voir faire bénéficier le dernier film de Nicholas Ray de cette loi, on se prépare mal à goûter une œuvre déconcertante et qui demande un peu d'amour, non d'indulgence" (Jacques Rivette)
"Les Indomptables (Lusty Men, 1952) mettent un point provisoire aux vicissitudes de la tragédie familiale. La mise en scène est aussi appliquée et terne que dans Le Violent. Après tout, Les Amants de la nuit étaient, grâce au pathétique de leur sujet (roman de Ed. Anderson, scénario de Charles Schnee) relativement faciles à réaliser." (La rédaction)
LES INDOMPTABLES, Nicholas Ray

"Doté de moyens qui évoquent, par comparaison avec les machineries de la Fox, ceux du cinéma d'amateur, Preminger réduit son art à l'essentiel, au squelette naguère savamment dissimulé sous les charmes de l'image, architecture secrète du scénario comme de la mise en scène : les éléments du cinéma jouent ici presque à nu." (Jacques Rivette)
"Un si doux visage (Angel face, 1952) vient trop tard : il exploite, sans le renouveler, un filon usé, la psychologie criminelle." (La rédaction)
UN SI DOUX VISAGE, Otto Preminger

"L'Homme des vallées perdues rompt avec le western traditionnel non par les événements rapportés (deux batailles à poings nus d'une très belle brutalité, la fusillade finale), mais parce que le cours de ces événements repose sur la psychologie du héros et modifie à son tour ses sentiments. De l'épique nous passons à l'intimisme." (Jacques Demeure)
"En fait, les revolvers s'écoutent tirer, les héros penser et agir, les hommes lutter, les femmes pleurer... Le western "s'analyse"... On ne saurait évidemment en rester là sans faire preuve d'une désinvolture reprochable, et pourtant cette boutade rend assez exactement compte du défaut majeur d'un film qui se voulut trop recherché." (Jean-José Richer)
L'HOMME DES VALLEES PERDUES, George Stevens

"Après Jeux interdits qui démystifiait radicalement l'enfance, la rendait à son objectivité ontologique et morale, le film de Ray Ashley et de ses camarades constitue un prgorès original et sans doute définitif dans le film d'enfant, dont les classiques - Le Chemin de la vie et Emile et les détectives - prennent maintenant la teinte rose et brumeuse des contes de fées." (André Bazin)
"Ray Ashley et ses collaborateurs ont bénéficié d'une chance, celle d'avoir su choisir deux éléments que le simple regard de la caméra trahit difficilement : l'enfant et la fête foraine. Mais ils se sont contentés de les regarder, ils n'ont pas voulu (ni su) les faire jouer, ils ont eu le tort de penser qu'il suffisait de photographier de belles choses pour faire un beau film. C'est une erreur de journaliste." (Michel Pérez)
LE PETIT FUGITIF, Ray Ashley, Morris Engel et Ruth Orkin

"C'est ainsi que dans un film mineur tel que The Sun shines bright, la verve aisée, amusante et amusée, l'humour fringant et les inévitables morceaux de bravoure fleurissent avec moins de puissance épique que dans les grandes œuvres évoquées pluss haut, mais avec un entrain plus naturel et dans une tonalité plus homogène." (Jean-José Richer)
LE SOLEIL BRILLE POUR TOUT LE MONDE, John Ford

"Europe 51, les Fioretti, le Miracle, nouvelles pierres de cette cathédrale que la chrétienté ne cesse de dresser à la gloire d'un Dieu qui n'est pas mort dans son cœur. De même que la beauté de l'art gothique ne nous est sensible que par le truchement du sentiment religieux et prouve, par là-même, le génie de l'Idée qui l'inspira, de même les derniers films de Rossellini nous permettent enfin d'entrevoir les limites de cet aimable athéisme auquel le cinéma contemporain doit en général ses œuvres les plus admirées." (Maurice Schérer/ Eric Rohmer)
EUROPE 51, Roberto Rossellini

"Les films d'Hitchcock relèvent du secret professionnel ; sans doute n'appartiennent-ils pas au domaine de la critique, qui s'est toujours montrée fondamentalement incapable d'en rendre compte ; seul le metteur en scène, j'entends celui qui s'est posé les vrais problèmes de son art, peut en pressentir la beauté." (Jacques Rivette)
LA LOI DU SILENCE, Alfred Hitchcock

"On dira sans doute que la Manon des Sources n'est pas un film mais tout au plus un récit radiophonique puisqu'on ne nous montre rien de l'histoire. C'est oublier qu'on nous montre sur l'écran les conteurs et qu'on y recrée l'atmosphère du récit." (Jean-Louis Tallenay)
MANON DES SOURCES, Marcel Pagnol

"Parmi les très bons films, - je dis bien les très bons, - il en est peu qui procurent une délectation, une jouissance comparables à celui-là. Cet ahurissant chef-d'œuvre d'humour involontaire comble le spectateur sur tous les points : Histoire, psychologie, couleur locale, psychanalyse..." (Jean-José Richer)
SCARAMOUCHE, George Sidney

"S'il y a définition d'un style, il y a aussi définition d'un goût, d'un goût très sûr où les robes mettent de longs chatoiements. Becker est le seul à réussir, très finement, ce que tente tout un cinéma français qui se veut badin, comme loin de tout message délibéré." (Michel Dorsday)
RUE DE L'ESTRAPADE, Jacques Becker

"Le scénario de Bas les masques et les personnages qu'il met en scène ne manquent pas d'une réelle grandeur, mais le mérite de Richard Brooks est davantage de savoir que le cinématographe est l'art du petit détail qui ne frappe pas et de le prouver par une invention de tous les instants." (François Truffaut)
BAS LES MASQUES, Richard Brooks

"Je vois bien comment l'on pourrait critiquer cette adaptation si elle était l'œuvre de quelque scénariste de profession ; mais son exceptionnel mérite est justement à mes yeuxd'être une adaptation de metteur en scène et de ne prendre sens que par le film qu'elle suppose." (Jacques Rivette)
MADAME DE..., Max Ophuls

"La vilénie du nombre, la solitude morale, n'y a-t-il point là le grand sujet de l'époque et n'est-il point juste de saluer les œuvres qui, à l'écart de toutes ces revendications qui font du quémandeur le complice d'un ordre que par ailleurs il dénonce, nous montrent que les solutions sont en nous et en nous seuls. Aussi, à côté d'Europe 51, de I Confess et de quelques autres nous placerons Stalag 17" (François Truffaut)
STALAG 17, Billy Wilder

"Tout cela est diaboliquement réglé au millimètre. Les acteurs se coulent dans des gestes nécessaires et uniques. Il y a là en même tempsraideur et souplesse : le naturel des êtres dans le carcan de la tragédie." (Jacques Doniol Valcroze)
THERESE RAQUIN, Marcel Carné

Écrit par Edouard S. Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Waouh merci pour toute cette saine lecture. Je sens que je vais encore bien rigoler...

Écrit par : FredMJG | 05/05/2013

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.