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10/04/2016

Sur vos écrans en 1987

EDITORIAL :

Par le Dr. Orlof

full-metal-jacket-aff-01-g.jpgOn me pardonnera, je l’espère, le caractère totalement anecdotique et personnel de cet éditorial mais que voulez-vous, plonger dans ce tableau de 1987 me fit le même effet que celui d’une madeleine trempée dans une infusion pour un célèbre écrivain. Du coup…

Janvier 1987. Adolescent perdu dans un petit village du fin fond de la Bourgogne, j’achète mon premier numéro de Mad Movie (le 45, pour être précis). La revue consacre l’essentiel de ses pages au festival d’Avoriaz. Je fantasme sur un bon nombre de titres mais deux films en particulier attirent mon attention : La Mouche de David Cronenberg et Blue Velvet de David Lynch. A ce moment précis, je distingue deux cinéastes qui font partie, toujours aujourd’hui, de mon panthéon personnel. Je ne découvrirai Blue Velvet que quelques années plus tard (en VHS) mais il reste encore à ce jour mon film préféré pour cette année-là.

blue velvet.jpg

Début 1987. Mon père nous emmène au cinéma. Mais cette fois, je ne suis pas obligé d’aller accompagner mes frères pour le film choisi (j’ai oublié lequel) et j’irai voir La Mouche tout seul. Nous faisons donc la queue dans des files parallèles et, chose amusante, mon père redoute que je me trompe et aille voir par erreur Le Miraculé de Mocky qui est aussi programmé dans ce cinéma : le fantastique horrifique, oui, la comédie blasphématoire, hors de question ! J’entre dans la salle et j’entends derrière moi une voix qui s’exclame : « je croyais que le film était interdit aux moins de 13 ans » ! En dépit de ces quolibets (ce fut une caractéristique de famille de grandir assez tard), la découverte du film de Cronenberg reste l’une de mes expériences les plus marquantes de jeune cinéphile.

Juin 1987. Je passe les épreuves du brevet des collèges à Dijon. Avec des copains, nous décidons d’aller voir Freddy 3 : les griffes du cauchemar. J’ai déjà vu les deux premiers volets de la saga sur la chaîne de télévision Suisse romande et j’adore le personnage. Mais nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée et la salle est bondée de collégiens et lycéens. Au bout de quelques minutes, c’est le charivari le plus total : rires gras, blagues lancées à haute voix (pour conjurer la peur ?), commentaires et huées à chaque scène… Encore aujourd’hui, l’un de mes plus mauvais souvenirs vécus en salle !

Début des années 90 (?) Je ne me souviens plus exactement lorsque j’ai découvert exactement L’été en pente douce. A vrai dire, je ne me souviens presque plus du film non plus si ce n’est que Villeret y incarnait un débile léger avec un certain talent. En revanche, je n’oublierai jamais l’effet que produisit sur moi la sensualité de Pauline Lafont. Et tous les sacripants de ma génération doivent également conserver un souvenir ému de sa poitrine généreusement dévoilée. Tout cela m’a donné envie de concocter un petit Top fantasmes de 1987 :
1- Pauline Lafont, donc
2- Florence Guérin. A l’époque, une émission consacrée au cinéma dont j’ai oublié le titre (un vague souvenir d’une présentation sous forme de damier) présentait des extraits de films. C’est ainsi que j’ai entendu parler de La Bonne et que j’ai rêvé de voir ce film découvert beaucoup plus tard. Florence Guérin y semblait (rétrospectivement, mon impression était bonne) souverainement somptueuse.
3- Barbara Crampton. Comment oublier la photo de Mad Movies la présentant harnachée dans des sous-vêtements de cuir ultra-sexy dans Aux portes de l’au-delà (From Beyond) de Stuart Gordon ? Là encore, j’ai dû patienter quelques années pour découvrir le film, moins marquant que Ré-animator du même cinéaste avec la même comédienne.
4- Catherine Wilkening. Une fois de plus, ce sont des extraits sexy de Mon bel amour, ma déchirure qui m’avaient alléché et je me souviens que mon père connaissait le père (de réputation ? relation de travail ?) de cette comédienne dijonnaise. Pour le coup, je n’ai jamais vu ce film (sans doute très dispensable).
5- Sophie Duez. J’ai vu l’infâme navet d’Alberto Lattuada Une épine dans le cœur des années plus tard mais, là encore, des extraits de ce film avait émoustillé l’adolescent que j’étais.

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1990 ( ?) Au lycée, notre professeur d’allemand, madame RP nous montre Les Ailes du désir. Dois-je avouer que les films montrés dans un cadre scolaire m’ont toujours profondément ennuyé ? Quelle idée, aussi, d’emmener des collégiens voir America, America de Kazan (un des films que j’ai le plus détesté au monde et que je redécouvrirais sans doute avec plaisir) ? Alors oui, j’avoue le rouge au front que j’ai ricané bêtement au collège devant Nuit et brouillard, que j’ai trouvé Le Dictateur de Chaplin ringard (alors que c’est l’un des plus beaux films du monde !), qu’Un Tramway nommé désir (toujours Kazan) m’a fait bâiller en cours d’anglais au lycée… Le film de Wenders ne m’a guère plus emballé à l’époque mais il m’a quand même marqué. Notre classe était alors scindée en groupes antagonistes et hostiles les uns envers les autres. Avec mon meilleur ami, Emmanuel, nous avions décidé que nous nous comporterions comme les anges du film de Wenders : en observateurs neutres, sans prendre parti. Il était Cassiel et je serai Damiel. J’ignore si ces rôles célestes ont décidé de nos vocations mais toujours est-il qu’il est devenu moine (véridique !) tandis que je sombrai dans la cinéphile lubrique et déviante ! Chose amusante, de la même manière que j’ai commencé à aimer lire après avoir passé le bac de français ; c’est une fois le bac en poche que  je suis retourné voir au cinéma Alice dans les villes (que cette professeur nous avait aussi montré) et que j’ai revu Les Ailes du désir à la télévision, trouvant les deux films éblouissants. Encore aujourd’hui, ce sont mes deux Wenders préférés ou presque et « Als das Kind Kind war » les derniers mots que je connais en Allemand. On conviendra que c’est un peu léger pour un séjour prolongé en pays teuton !

les ailes du désir.jpg

Années 90. Le souvenir des Incorruptibles reste lié à mes petits frères répétant en boucle ces dialogues :
« - George Stone, c’est comme ça qu’tu t’appelles ? C’est quoi, ton vrai nom ?
- C’est ça, mon vrai nom…
- Non, ton nom avant que tu le changes
- Giuseppe Petri…
- J’en étais sûr, il ne manquait plus que ça dans l’équipe ! Un rital menteur comme un arracheur de dents !
- Qu’est que vous avez dit ?
- J’ai dit que t’étais un menteur et un voleur, comme tous les gens de ta race…
- Ça vaut mieux qu’d’être une raclure irlandaise… de merde !
- Ah il me plait !
- Il me plait aussi
- Félicitations petit, tu viens d’être engagé dans la brigade financière ! »
Je vous épargne ceux de Full metal jacket (toujours dans le tableau 1987) qui ont aussi beaucoup tourné en boucle. (« Tu crois à la Vierge Marie, Guignol ? / Chef ! Non ! Chef ! / T’es qu’un putain de païen ! »)

Années 90. Un autre souvenir érotique. Un soir, je regarde la télévision suisse romande et tombe sur un film en noir et blanc aux images très crues. Je me demande si je ne suis pas même en train de découvrir mon premier porno (eh oui, je vous parle d’une époque d’avant Internet et où, à la campagne, nous ne captions pas Canal +, même en crypté !). J’ai découvert par la suite que la belle femme qui se masturbait à l’écran était Myriam Mézières et qu’il s’agissait du beau film d’Alain Tanner Une flamme dans mon cœur qui a fait battre le mien de façon plus rapide pendant quelques minutes…

Des films de 1987, je me souviens également de quelques dialogues grotesques comme : « Si je fais ça, c’est pour le camion » (Over the top) ou « Il ne m’a pas vu » (Predator) qui m’ont fait détester à tout jamais tous (ou presque) les films dans lesquels ont tourné Stallone et Schwarzenegger.

Je me souviens également du Grand chemin que j’aimais énormément à l’époque et qui m’a donné envie de voir les films de Jean-Louis Hubert au point d’aller dans une salle pour découvrir La Reine blanche (incroyable, non ?)

Je me souviens que le premier Godard que j’ai découvert (vers 91/92 ?) était son film sorti en 1987 : Soigne ta droite. Pas le meilleur en dépit de quelques scènes extraordinaires…

Enfin, pour terminer, revenons à ce festival d’ Avoriaz de 1987 puisque j’ai fini par voir pas mal des films programmés cette année-là par la suite, du meilleur (l’étonnant Street Trash) au pire (Vamp, dont je n’ai plus aucun souvenir) en passant par Dolls de Stuart Gordon, American Way, L’Amie mortelle de Wes Craven et Bloody Bird de Soavi. 

A bien y songer, 1987 fut sans doute l’année charnière de ma cinéphilie…

 

LES CONSEILS DE NOTRE EQUIPE :

Une liste de 195 longs métrages (sur les 525 sortis en salles) et 1 court, avec, pour les étoiles en couleur, des liens vers des textes écrits par les contributeurs.

  Céline Christophe Dr. Orlof Edouard Fred MJG Jean-Luc Ludovic Nolan Rémi Timothée Vincent
Full Metal Jacket (Kubrick) *** * *** *** *** **** *** **** ***   ****
Blue Velvet (Lynch) *** * **** **** **** *** *** ***   *** **
Les Ailes du désir (Wenders) **** ° **** **** **** ** ***     *** ***
Au revoir les enfants (Malle) *** ** *** **** **** ** **     **** ***
Requiem pour un massacre (Klimov) **     *** ****       ***   ****
La Mouche (Cronenberg) *** **** **** ** **** ** * *** ** ** ****
Quatre Aventures de Reinette et Mirabelle (Rohmer) *** ** *** ***   * ****   ****   ***
Arizona junior (Coen) ***   *** *** ****   *** ** **   ***
Hope and Glory (Boorman) ** ***   *** ***   ***   **   ****
L'Ami de mon amie (Rohmer) *** **** *** **     ***   ***   **
Stand by Me (Reiner) *** *** *** ** ***     ** *** ** ***
Sous le soleil de Satan (Pialat) *** * *** **   *** ***   ****    
Les Incorruptibles (De Palma) *** *** *** ** *** ** ** *** *   ****
Peggy Sue s'est mariée (Coppola) *** *** ***   *** ** ** * ** *** ****
Dieu ne croit plus en nous (Corti)       *** ****            
Pierre et Djemila (Blain)   ***         ****        
Santa Fe (Corti)       *** ****            
Tampopo (Itami)         ****       ***    
Le Ventre de l'architecte (Greenaway)     *** ** **** * ****       **
The Big Easy (McBride)       ** ****           ***
La Messe est finie (Moretti) ***   **   *** *** **     ** ***
Prick Up Your Ears (Frears)     ** *** **** **          
Good Morning Babilonia (Taviani)     ** ***     ***       ***
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? (Almodovar) ***   *** ** ***            
L'Aventure intérieure (Dante) *** * ** ** ****   * ** *** ** ****
Comme un chien enragé (Foley)   **   ** ****   **       ***
Raining in the Mountain (Hu)   ° ** *** **** **         ****
Yeelen (Cissé) *** ° ** *** **** ***          
Radio Days (Allen) ***   *** ** ***   *       ***
La Pivoine rouge (Kato)         ****            
Mikey et Nicky (May)     **           ****    
Mon cas (Oliveira) ****         **          
C'est la vie (Edwards)   ***                 ***
Agent trouble (Mocky)     ***   **           ***
Les Innocents (Téchiné)     ***   *** *** *        
Les Yeux noirs (Mikhalkov)     ** ***   * ***     ***  
Nola Darling n'en fait qu'à sa tête (Lee) **   *** ** **       ***   **
Platoon (Stone) ** ** ** ** ***       **   ***
Le Cri du hibou (Chabrol) ***   *** ** * *** *       **
Mosquito Coast (Weir) **     ** ***   ** * **   ***
Angel Heart - aux portes de l'enfer (Parker) ** * ** ** ****   ** **     *
Caravaggio (Jarman)         **** ** *        
Ecce Bombo (Moretti) ***     **   **          
Envoûtés (Schlesinger)     **   ***   **        
Freddy 3, les griffes du cauchemar (Russell)     **   ***           **
La Famille (Scola)   **         **       ***
Maurice (Ivory)     **   ***   **        
Poussière d'ange (Niermans)   **   ** ***            
Masques (Chabrol)     **** ** ** * ** *     **
La Passion Béatrice (Tavernier) *   ** ** *** ** *       ***
Evil Dead 2 (Raimi)     **   ***   * ** *   ***
La Ménagerie de verre (Newman)   ****         *        
La Dame de Musashino (Mizoguchi)   ***       **          
Chronique des événements amoureux (Wajda)     **               ***
L'Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar (Imamura)     ** ***              
La Petite Boutique des horreurs (Oz)                 **   ***
Le Thème (Panfilov)     ** ***              
Predator (McTiernan)     °   ***     ** **   ***
Fievel et le nouveau monde (Bluth) * **           * ***   ***
Barfly (Schroeder)     ** ** ***   **       *
Boire et déboires (Edwards) ** ** **   **           **
Chronique d'une mort annoncée (Rosi)     ** ** **   **       **
Le Dernier Empereur (Bertolucci) ** ° *** ** *** * *   * ** ***
Les Sorcières d'Eastwick (Miller) *   ** * ***   * *     ****
Intervista (Fellini) ** * ** **   * **       ***
Le Grand Chemin (Hubert) ** ** ** * *       ***   **
Soigne ta droite (Godard)     **     ** **       **
Le Déclin de l'empire américain (Arcand) **   ** ** ** * *   * ** ***
Le Sixième Sens (Mann)   ° *   ****   * **     ***
Tandem (Leconte) *   *** ** **   * **      
Le Miraculé (Mocky) *   ** **   ** **   **    
L'Age de Monsieur est avancé (Etaix)     ***                
La Photo (Papatakis)       ***              
La Rue (Schatzberg)         ***            
Le Repentir (Abouladze)       ***              
Les Baleines du mois d'août (Anderson)                     ***
Promesse (Yoshida)     ***                
Street Trash (Muro)     ***                
Tin Men, les Filous (Levinson)   ***                  
L'Apiculteur (Angelopoulos)     ** ***   *          
Dangereuse sous tous rapports (Demme)   ° ° *** ***           ***
La Couleur de l'argent (Scorsese) ** * ** ** ** * * ** *   **
L'Arme fatale (Donner) * **   * ***     ° ** ** **
Les Mois d'avril sont meurtriers (Heynemann)   ** **   **   *        
Histoires fantastiques (Spielberg, Dear & Zemeckis)             *       ***
Police Story (Chan)         ***     *      
Aux portes de l'au-delà (Gordon)     **   **            
La Mort d'Empédocle (Huillet & Straub)     **     **          
Pee-Wee Big Adventure (Burton) *   ** ** **     *      
Gothic (Russell)     *       **       **
Les Vrais durs ne dansent pas (Mailer)         **   *       **
Travelling avant (Tacchella)     ** **     *        
La Folle Histoire de l'espace (Brooks)     ** °       **     **
La Veuve noire (Rafelson)     ** * **   *        
Le Maître de guerre (Eastwood)   *** °   **   * *      
Sens unique (Donaldson)       ** *   ** *     *
Crocodile Dundee (Faiman) ° ** ** * *     * * **  
Le Parrain noir de Harlem (Evans)         **            
American Way (Philips)     **                
Beyond Therapy (Altman)             **        
Bianco Apache (Mattei)           **          
Champ d'honneur (Denis)       **              
Creator (Passer)                     **
Firestarter (Lester)     **                
Grand-Guignol (Marbœuf)             **        
L'Homme qui n'était pas là (Féret)             **        
La Bamba (Valdez)                     **
La Maison de la terreur (Bava)         **            
La Petite Allumeuse (Dubroux)     **                
Les Poupées (Gordon)     **                
Man on Fire (Chouraqui)         **            
Massacre à la tronçonneuse 2 (Hooper)     **                
Personal Services (Jones)                     **
Promis juré (Monnet)     **                
Quelque chose est arrivé (Andersson, cm)       **              
Tant qu'il y aura des femmes (Kaminka)     **                
Too Much ! (Leland)       **              
Une flamme dans mon cœur (Tanner)     **                
Association de malfaiteurs (Zidi)     **       *        
L'Amie mortelle (Craven)     *   **            
La Bonne (Samperi)     **       *        
Le Sicilien (Cimino)     **               *
Nadine (Benton)         **           *
Bloody Bird (Soavi)     °   *           ***
Démons 2 (Bava)         **   *       *
Trois Amigos (Landis)     *       *       **
L'Eté en pente douce (Krawczyk) *   ** * *     * °   **
Tuer n'est pas jouer (Glen)   *     *     °     **
Attention bandits ! (Lelouch) °   **       *        
Les Enfants du silence (Haines)         **   °       *
Le Destin de Madame Yuki (Mizoguchi)   °       **          
Les Deux Crocodiles (Séria)     °       **        
Vent de panique (Stora) °   **                
Comédie ! (Doillon)     *       *        
La Storia (Comencini)   *         *        
Le Solitaire (Deray)             * *      
Fatherland (Loach)       *              
Faux Témoin (Hanson)         *            
Fucking Fernand (Mordillat)     *                
House II, la Deuxième Histoire (Wiley)                     *
Irena et les ombres (Robak)             *        
L'Irlandais (Hodges)       *              
Labyrinthe (Henson)                     *
Le Beauf (Amoureux)     *                
Le Lendemain du crime (Lumet)         *            
Les Exploits d'un jeune don juan (Mingozzi)                 *    
Love Bites (Nye)         *            
Maximum Overdrive (King)     *                
Mon bel amour, ma déchirure (Pinheiro)       *              
Mon cher petit village (Menzel)     *                
Mort ou vif (Sherman)         *            
Spirale (Frank)         *            
La Vie dissolue de Gérard Floque (Lautner) °   **       °        
Les Keufs (Balasko) °   **       °        
Noyade interdite (Granier-Deferre)     °   *   *        
Le Flic de Beverly Hills 2 (Scott)     ° * °     ° * ** °
Dirty Dancing (Ardolino) *     ° *   ° ° *    
De guerre lasse (Enrico) °               *    
Emmanuelle 5 (Borowczyk)             *       °
Extrême Préjudice (Hill)         °           *
Maladie d'amour (Deray)         °   *        
Miss Mona (Charef)     °       *        
Police Academy 4 (Drake)               ° *    
Sans pitié (Pearce)         °           *
Un homme amoureux (Kurys)   * °                
Allan Quatermain et la cité de l'or perdu (Nelson) ° **         ° ° °    
Aenigma (Fulci)     *   °           °
L'Œil au beur(re) noir (Meynard) °   *         °      
On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (Pécas) *   °       °        
Bigfoot et les Henderson (Dear) °                    
Club de rencontres (Lang)     °                
Cross (Setbon)             °        
Ennemis intimes (Amar)             °        
Et la femme créa l'homme parfait (Seidelman)             °        
Hôtel de France (Chéreau)     °                
Ishtar (May)             °        
King Kong II (Guillermin)             °        
La Revanche des mortes-vivantes (Reinhard)     °                
La Rumba (Hanin)             °        
Les Barbarians (Deodato)             °        
Les Filles du château (Renzulli)     °                
Les Oreilles entre les dents (Schulmann)     °                
Paiement cash (Frankenheimer)               °      
Pie voleuse (Wilson)         °            
Protection rapprochée (Hunt)               °      
Si tu vas à Rio tu meurs (Clair)     °                
Vamp (Wenk)     °                
Who's That Girl ? (Foley) °                    
Golden Child, l'enfant sacré du Tibet (Ritchie)               °     °
Les Dents de la mer 4, la Revanche (Sargent)         °       °    
Over the Top - le bras de fer (Golan)     °         °      
Superman IV (Furie)             °   °    
Terminus (Glenn) °           °        
Une épine dans le cœur (Lattuada)     °   °            
Dernier Eté à Tanger (Arcady)     °   °   °        
Levy et Goliath (Oury) °           ° °      
  Céline Christophe Dr. Orlof Edouard Fred MJG Jean-Luc Ludovic Nolan Rémi Timothée Vincent

Et ceux que l'on attendra encore longtemps sur nos écrans :

  Céline Christophe Dr. Orlof Edouard Fred MJG Jean-Luc Ludovic Nolan Rémi Timothée Vincent
12 Portraits (Cavalier) ***     ***              
Rimini, Rimini (Corbucci)                     ***
Le Foto di gioia - Délirium (Bava)                     *

 

LES CHOIX DE NOS AMIS ET LECTEURS :

Frédéric :
1- Les Ailes du désir (Wenders) 2- La Messe est finie (Moretti) 3- Un adieu portugais (Botelho) 4- Sous le soleil de Satan (Pialat) 5- Blue Velvet (Lynch) 6- La Mort d'Empédocle (Straub-Huillet) 7- Full Metal Jacket (Kubrick) 8- That's Life (Edwards) 9- Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (Rohmer) 10- La Mouche (Cronenberg)
Sur le banc : Yeelen (Cissé)-L'Aventure intérieure (Dante)-Intervista (Fellini)-Agent trouble (Mocky)-Comme un chien enragé (Foley)-Stand by me (Reiner)-L'ami de mon amie (Rohmer)-Soigne ta droite (Godard)-Le Maître de guerre (Eastwood)-Le Cri du hibou (Chabrol).
Ancien : Raining in the mountain (Hu)
Inédit : Opéra (Argento)

Pierre :
Top 16 : 1-les ailes du désir (Wenders)***** 2-Blue velvet (Lynch)**** 3-Peggy Sue s'est mariée (Coppola) 4-La mouche (Cronenberg) 5-Nola Darling n'en fait qu'à sa tête (Lee) 6-Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (Rohmer) 7-Lettres d'un homme mort (Lopouchansky) 8-Le repentir (Abouladzé) 9-Predator (Mc Tiernan) 10-Bloody bird (Soavi) 11-La revanche des mortes-vivantes (Reinhard) 12-Sous le soleil de Satan (Pialat) 13-Yeleen (Cissé)*** 14-Soigne ta droite (Godard) 15-Requiem pour un massacre (Klimov) 16-Full metal jacket (Kubrick)
Les 32 hors liste : Le film du roi (Sorin)*** Rita, Susie et Bob aussi (Clarke)*** La beauté du pêché (Nikolic)*** Werther (Miro)*** Fantaisies anales / Initiation d'une jeune marquise (Reinhard)** Commando Mengele (Bianchi)** Colère en Louisiane (Schloendorff)** L'homme voilé (Bagdadi)** Histoire du caporal (Baronnet)** Les noces barbares (Hansel)** Midnight horror (Bava)** Backlash (Bennett)** Roxanne (Schepisi)** Scalps (Mattei)** Aria ( Bryden, Roeg, Sturridge, Godard, Beresford, Altman, Temple, Russell, Roddam, Jarman)** Police des moeurs (Rougeron) ** Soul man (Miner)** Ubac (Grasset)** Armés pour répondre (Olen Ray)** Trésor de guerre (Lenzi)* Creepshow 2 (Gornick)* Poule et frites (Rego)* Les lunettes d'or (Montaldo)* Coup double (Kanew)* Big game, la chasse aux noirs / Force mortelle (Boulois)* Le temple d'or (Thompson)* Ninja american project (Ho)* Manhattan project (Brickman)0 Hanoï Hilton (Chetwynd)0 La colline a des yeux 2(Craven)0 Le prix de l'exploit (Badham)00
26 longs-métrages inédits : 1-Mémoire des apparences (Ruiz)**** 2-City on fire (Lam)*** 3-Tokyo bordello (Gosha)*** 4-El lute 1 : marche ou crève (Aranda)*** 5-Final victory (Tam)*** 6-Le palais de glace (Blom)*** 7-The drifting classroom (Obayashi)*** 8-Outretombe (Bava)*** 9-Creepozoïds (De Cotteau)** 10-Opera (Argento)** 11-Mad 47 (Randrasana)** 12-Ghoulies 2 (Band)** 13-Une affaire de famille (Hough) ** 14-Dangerous games (Hopkins)** 15-Per sempre (Bava)** 16-La vie à l'envers (Deutch)** 17-Sinbad (Castellari et Cozzi)** 18-Mutations (Piquer-Simon)** 19-Traci je t'aime (Floran)** 20-Cassandra (Eggleston)** 21-Edge of the axe (Larraz)** 22-The monster squad (Dekker)** 23-A menina do lado (Salva)* 24-Return to horror high (Froelich)* 25-Blood harvest (Rebanne)* 26-Man killers (Prior)0000
2 moyens-métrages : 1-Le septième swing (Billon)*** 2-The amazing Mr Bickford (Zappa)***
13 courts-métrages : 1-L'art d'aimer (Smolders)***** 2-Adventures of Denshu Kozo (Tsukamoto)**** 3-The last theft (Barta)*** 4-Wall (Ito)*** 5-Submit to me (Kern)*** 6-Sukhumar Ray (Ray)*** 7-Beautiful people (Wojnarowicz)*** 8-Fire in my belly (Wojnarowicz)** 9-Point de fuite (Smolders)** 10-Le mariage (Bardine)** 11-Photodiary 87 (Ito)** 12-Waving (Williams)** 13-Transitions (Williams)*

Un-simple-amateur :
1- Requiem pour un massacre (Klimov) 2- Les Ailes du désir (Wenders) 3- Blue Velvet (Lynch) 4- Le Thème (Panfilov) 5- Promesse (Yoshida) 6- L'ami de mon amie (Rohmer) 7- Full Metal Jacket (Kubrick) 8- Hope and Glory (Boorman) 9- That's Life (Edwards) 10- La Mouche (Cronenberg)

Mister Arkadin :
**** : Les Ailes du désir (9) ; La messe est finie (9) ; Full Metal Jacket (8)
*** : Radio Days (8)
** : Prick Up your Ears (6) ; L’Aventure intérieure (6) ; Masques (6) ; La Passion Béatrice (5) ; Blue Velvet (5) ; Au revoir les enfants (5) ; Sous le soleil de Satan (5) ; Good Morning Babilonia (5) ; Les Yeux noirs (5) ; Crocodile Dundee (5)
* : Travelling avant (4) ; Tandem (4) ; Un homme amoureux (4) ; Intervista (4) ; Soigne ta droite (4) ; L’Amie de mon amie (4) ; Quatre Aventures de Reinette et Mirabelle (3) ; Arizona Junior (3) ; Stand by Me (3) ; L’Été en pente douce (3)
o : Pee-Wee Big Adventure (2) ; On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (2)
- (vus, mais plus assez de souvenirs pour noter, ou vus trop jeune pour avoir vraiment une opinion ; sont par définition absents ceux que j’ai vus, mais qui m’ont laissé tellement peu de souvenirs que je ne m’en rappelle même plus !) : Hope and Glory ; Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? ; Nola Darling n’en fait qu’à sa tête ; Le Cri du hibou ; Angel Heart, aux portes de l’enfer ; Le Dernier Empereur ; La Couleur de l’argent ; La Bonne

 

LE SONDAGE TWITTER DU DR. ORLOF :

Quel est le meilleur film sorti en 1987 ? (81 votants)

1- Blue Velvet (David Lynch)(17 voix)
2- Full metal jacket (Stanley Kubrick) (10 voix)
3- Les Ailes du désir (Wim Wenders) (9 voix)
4- Requiem pour un massacre (Klimov) (6 voix)
5- Sous le soleil de Satan (Pialat) (5 voix)
6- La Mouche (David Cronenberg) (4 voix)
7- L'ami de mon amie (Eric Rohmer) (3 voix)
Viennent ensuite avec 2 voix : Intervista (Fellini), Tampopo (Itami), Les Yeux noirs (Mikhalkov), Arizona Junior (Coen), Comme un chien enragé (Foley)
Puis les films cités une seule fois : Le Miraculé (Mocky), Mon cas (Oliveira), Au revoir les enfants (Malle), Tandem (Leconte), Radio days (Allen), Peggy Sue s'est mariée (Coppola), Caravaggio (Jarman), 12 portraits (Cavalier), Une flamme dans mon cœur (Tanner), L'aventure intérieure (Dante), Manhunter (Mann), Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (Rohmer), Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça? (Almodovar), Yeelen (Cissé), Crocodile dundee (Faiman), Raining in the mountain (Hu), Stand by me (Reiner)

 

LE BOX-OFFICE :

1. Crocodile Dundee, Peter Faiman, 5 887 982 entrées
2. Le Dernier Empereur, Bernardo Bertolucci, 4 728 518 entrées
3. Au revoir les enfants, Louis Malle, 3 610 324 entrées
4. Le Grand Chemin, Jean-Loup Hubert, 3 175 537 entrées
5. Platoon, Oliver Stone, 2 977 785 entrées

 

LES PRIX ET RECOMPENSES :

- Prix Louis-Delluc : Soigne ta droite (Jean-Luc Godard) & Au revoir les enfants (Louis Malle)
- Prix Méliès : Au revoir les enfants (Louis Malle)
- Prix Jean Vigo : Buisson ardent (Laurent Perrin)
- César du meilleur film : Au revoir les enfants (Louis Malle)
- Oscar du meilleur film : Platoon (Oliver Stone)
- Festival de Venise, Lion d'or : Au revoir les enfants (Louis Malle)
- Festival de Cannes, Palme d'or : Sous le soleil de Satan (Maurice Pialat)
- Festival de Berlin, Ours d'or : Le Thème (Gleb Panfilov)
- Festival de Locarno, Léopard d'or : O Bobo (José Alvaro Morais)
- Festival de Saint-Sébastien, Coquille d'or : Noce en Galilée (Michel Khleifi)

 

A VOUS LA PAROLE !

A notre suite, nous vous invitons à dresser votre propre palmarès de l'année et à nous le faire parvenir, par l'intermédiaire des commentaires ou du bouton de contact, afin que nous le mentionnions à son tour ci-dessus.
(vous pouvez consulter la liste de tous les films sortis en France en 1987 sur le site Encyclo-Ciné)

11/12/2014

Sur vos écrans en 1972

EDITORIAL :

(Retrouvez également un texte de Pierre Audebert au bas de cette note)

Par Edouard S.

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The Korova milkbar sold milk-plus, milk plus vellocet or synthemesc or drencrom, which is what we were drinking. This would sharpen you up and make you ready for a bit of the old ultra-violence.

Alex DeLarge, droog anglais


Il y eut en cette année 72 la bienveillance d'un vieux Ford de 37 ans d'âge et l'ahurissant succès public des Charlots, mais quelque chose d'autre a traversé les écrans de manière si fulgurante qu'y voir une simple tendance serait sous-estimer l'ampleur du phénomène. La convergence de nombreux films l'ayant travaillé, frontalement ou moins directement mais souvent de manière inédite aux yeux et au cœur sensibles du spectateur, a provoqué indéniablement un tournant dans la représentation cinématographique de ce thème dorénavant omniprésent : LA...

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De haut en bas : Orange mécanique de Stanley Kubrick, Tire encore si tu peux de Giulio Questi, Frenzy d'Alfred Hitchcock, L'Inspecteur Harry de Don Siegel, Mais ne nous délivrez pas du mal de Joël Séria, Les Chiens de paille de Sam Peckinpah, Le Parrain de Francis Ford Coppola, Délivrance de John Boorman, Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel, échantillons parmi d'autres de cette année violente.

 

LES CONSEILS DE NOTRE EQUIPE :

Une liste de 207 longs métrages (sur les 522 sortis en salles), avec, pour les étoiles en couleur, des liens vers des textes écrits par les contributeurs.

  Buster Céline Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Ludovic Rémi Vincent
Le Charme discret de la bourgeoisie (Buñuel) **** **** *** **** **** **** *** **** **** ***
Steamboat round the Bend (Ford) ****   ****       ***     ****
Orange mécanique (Kubrick) *** *** ° **** **** **** *** ** *** ****
Le Parrain (Coppola) *** ** **** *** *** *** *** ** *** ****
Fellini Roma (Fellini) **** **** ° *** **** *** *** ****   ****
Délivrance (Boorman) * ** *** *** **** **** ** **** **** ****
Les Chiens de paille (Peckinpah) *** *** *** *** *** ****   *** **** ***
Husbands (Cassavetes) *** *** * ** *** *** *** *** **** ****
Tire encore si tu peux (Questi)           ****       ****
Liza (Ferreri) ***     ** *** ***   ***   ****
Johnny s'en va-t-en guerre (Trumbo) ** *** * *** *** **** ** *** *** ****
Le Convoi sauvage (Sarafian)     **   ** ****     **** ***
Blanche (Borowczyk) ***         ****   ***    
Etrange Vice de Madame Wardh (Martino)           ****   **   ****
Valérie au pays des merveilles (Jires)       **** ** ****        
L'Amour l'après-midi (Rohmer) **** *** ** ***   ** * ** **** ***
French Connection (Friedkin) *** ** *** * *** *** ** ** *** ****
La Dernière Séance (Bogdanovich) **   ****     ***     ***  
Les Visiteurs (Kazan) ***       *** ***     ***  
Sanjuro (Kurosawa) ***   **   *** *** **     ****
Nous ne vieillirons pas ensemble (Pialat) ** *** *** *** ** *** ** *** ***  
Frenzy (Hitchcock) *** ** ** ** ** **** *** *** *** ***
Ainsi va l'amour / Minnie et Moskowitz (Cassavetes) ***   *** ** ** *** ***      
Brewster McCloud (Altman) ***       *** ***        
Les Griffes de jade (Ho)       *   ****       ****
Les Sévices de Dracula (Hough)       ***   ****       **
Quatre Nuits d'un rêveur (Bresson) ****   ** ***            
Il était une fois la révolution (Leone) ** ** *** ** * **** ** ** **** ****
Avoir vingt ans dans les Aurès (Vautier)   ***   ** *** *** **      
Family Life (Loach) ** **   ** ***   ** ****    
L'Inspecteur Harry (Siegel) *   *** **   *** ** *   ****
Jeremiah Johnson (Pollack) *** ** **   ** ** ** * ** ****
César et Rosalie (Sautet) ** *** * ** *** *** * ** ** ***
Cabaret (Fosse) * *** * ** ** ***   ***   ***
L'Affaire Mattei (Rosi) ** ** **     ***   **   ***
Les Camisards (Allio) ***   ° ** ***         ****
Portrait d'une enfant déchue (Schatzberg) **   *     ****   ** ***  
Bonnes Funérailles, amis, Sartana paiera (Carnimeo)       **   ***   **   ***
L'Autre (Mulligan) ***   * **   ****        
Le Rite (Bergman) ***     *** ***   *      
Comtesse Dracula (Sasdy)       **   ***       ***
Le Clan des irréductibles (Newman) ***   ***     **        
Psaume rouge (Jancso) *       *** ****        
Blindman, le justicier aveugle (Baldi)           **       ****
La Momie sanglante (Holt & Carreras)           ***       ***
La Tarentule au ventre noir (Cavara)           ***       ***
Les Horreurs de Frankenstein (Sangster)           ***       ***
La Randonnée / Walkabout (Roeg)           ****        
Le Dernier Tango à Paris (Bertolucci) ** ** ° *** *** *** ** *** *  
Mais ne nous délivrez pas du mal (Séria)     * *** * ***   ***    
Prends l'oseille et tire-toi (Allen) * **   ** **     *   ***
Abattoir cinq (Hill) **   ***   **          
Klute (Pakula) **   **     ****   *    
Le Professeur (Zurlini) ***   ** **   **        
Opération clandestine (Edwards) **   *** **   **        
Fritz le chat (Bakshi) **     ** *** *** *      
Harold et Maude (Ashby) ** *** ° ***   **     **  
Un frisson dans la nuit (Eastwood) **   ** *   ***   *   ***
L'Etrangleur (Vecchiali) ***   *     ***        
La Fille de Jack l'Eventreur (Sasdy)           ***   *   ***
Quand les colts fument (Carnimeo)       **   **       ***
Un flic (Melville) **   * ** * ** ** ***   **
Macbeth (Polanski) **         ***   *   ***
Tombe les filles et tais-toi (Ross) **     **       *   ***
Carnage (Ritchie)           **       ***
John Wayne et les cow-boys (Rydell)           **       ***
L'Ile de l'épouvante (Bava)           ***       **
La Cérémonie (Oshima) ***           **      
La Vraie Nature de Bernadette (Carle) **         ***        
Le Lit de la vierge (Garrel) **     ***            
Une poule, un train et quelques monstres (D. Risi)               **   ***
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (Yanne) *     **   ***   *   ***
Une belle fille comme moi (Truffaut) **   *** **   * ** *    
Absences répétées (Gilles)     ***              
Caresses interdites (Sarno)           ***        
Chère Louise (De Broca)     ***              
L'Homme sans frontière (Fonda)                 ***  
La Cicatrice intérieure (Garrel) ***                  
La Femme-insecte (Imamura) ***                  
La Résidence (Ibañez-Serrador)           ***        
Les Cannibales (Cavani)           ***        
Né pour vaincre (Passer)     ***              
Quand Satana empoigne le colt (Romero-Marchent)           ***        
Une folle envie d'aimer (Lenzi)           ***        
Une traînée de poudre, les pistoleros arrivent (Carnimeo)                   ***
Le Grand Blond avec une chaussure noire (Robert) * ° ** ***   ***   * * ***
Cosa Nostra (Young) *   **     **       **
Le Viager (Tchernia) * ° ** **   **   * * ***
Ce plaisir qu'on dit charnel (Nichols) *     *   **   * ***  
Le Mystère Andromède (Wise) **   °     **   *   ***
Les Malheurs d'Alfred (Richard) *     **   **   *   **
Buck et son complice (Poitier)           **       **
La Légende de Jesse James (Kaufman)     **             **
La Nuit des maléfices (Haggard)       *   ***        
Les Garçons de la bande (Friedkin)       **     **      
Necronomicon (Franco)       **   **        
Trois Milliards sans ascenseur (Pigaut)           *       ***
Willard (Mann)           **       **
Bananas (Allen) * * * ** *         **
L'Assassinat de Trotsky (Losey) *   ° ° *** **       ***
Ce merveilleux automne (Bolognini) **         * **      
La Scoumoune (Giovanni)           **   *   **
Pink Floyd à Pompéi (Maben)     **              
Trash (Morrissey) *     **   **        
Les Contes de Canterbury (Pasolini) *   ° ** °   ** ** * ***
La Course du lièvre à travers les champs (Clément) *   **     *       **
Les Nains aussi ont commencé petits (Herzog)     ° ** ° ****        
Tout va bien (Godard & Gorin) **       °   **   **  
L'Attentat (Boisset) *   °     **   *   ***
L'Aventure c'est l'aventure (Lelouch) * *   °   **   * * **
La Classe ouvrière va au paradis (Petri) * ** ° ° * **   **    
Docteur Popaul (Chabrol) **     **       * °  
On s'fait la valise docteur ? (Bogdanovich) *     °   *       ***
Dieu pardonne, moi pas (Colizzi)           *   °   ***
La Califfa (Bevilacqua) *   °     ***        
La Conquête de la planète des singes (Lee-Thompson)           *   *   **
Le Messie sauvage (Russell) *     **   *        
Dollars (Brooks) *         **        
Joe Kidd (Sturges)           **       *
L'Apprentie sorcière (Stevenson)               *   **
L'Empire de la terreur (Corman)       °   ***        
Le Baron rouge (Corman)           *       **
Les Complices de la dernière chance (Fleischer)     *     **        
Les Quatre Malfrats (Yates) *         **        
Malpertuis (Kümel)           **       *
Paulina 1880 (Bertuccelli)           **   *    
Un cave (Grangier)           *   **    
Confession d'un commissaire de police au procureur de la République (Damiani)           **        
Coup pour coup (Karmitz)       **            
Danger planète inconnue (Parrish)           **        
Dieu et mon droit (Medak)           **        
Dingo et Donald aux jeux Olympiques (Disney)                   **
Django arrive... préparez vos cercueils ! (Carnimeo)           **        
Franz (Brel)                   **
Kill (Gary)           **        
L'Organisation (Medford)           **        
La Vallée (Schroeder)       **            
Le Médecin dément de l'île de sang (Romero & De Leon)           **        
Les Collines de la terreur (Winner)           **        
Marie pour mémoire (Garrel) **                  
Mimi métallo blessé dans son honneur (Wertmüller)           **        
On l'appelle Spirito Santo (Carnimeo)                   **
Photo interdite d'une bourgeoise (Ercoli)           **        
Un colt pour trois salopards (Kennedy)                   **
Votez McKay (Ritchie) **                  
Il était une fois un flic (Lautner) °     °   *   *   **
Faustine et le bel été (Companeez)           *   *    
L'Ile de la terreur (Fisher)       *           *
La Colère de Dieu (Nelson)           **       °
Le Retour de Sabata (Parolini)           *       *
The Boy Friend (Russell) *         *        
On continue à l'appeler Trinita (Barboni)   °       **     ° *
La Vieille Fille (Blanc) °         *       *
Sex Shop (Berri) *     °       *    
Tintin et le lac aux requins (Leblanc)     *             *
Black Jesus (Zurlini)     *              
Catlow (Wanamaker)           *        
Chut ! (Mocky)                   *
Eglantine (Brialy)           *        
Homo eroticus (Vicario)       *            
Justine de Sade (Pierson)       *            
L'Homme au cerveau greffé (Doniol-Valcroze)                   *
L'Odeur des fauves (Balducci)           *        
L'Œuf (Vautrin)                   *
La Ballade du bourreau (Smight)           *        
La Grande Chevauchée de Robin des Bois (Ferroni)               *    
La Mandarine (Molinaro)               *    
La Michetonneuse (Leroi)       *            
La Possédée (Wiklund)       *            
La Poursuite sauvage (Mann)                   *
Le Corsaire noir (Gicca-Palli)     *              
Le Maître du monde (Witney)                   *
Le Petit Poucet (Boisrond)           *        
Le Trèfle à cinq feuilles (Fress)                   *
Les Désaxées (Lemoine)       *            
Les Quatre Mercenaires d'El Paso (Martin)           *        
Les Soleils de l'île de Pâques (Kast)     *              
Ma dernière balle sera pour toi (Florio)           *        
Marie Stuart, reine d'Ecosse (Jarrott)           *        
Mon oncle Antoine (Jutra)     *              
Rio Verde (McLaglen)           *        
Trop jolies pour être honnêtes (Balducci)               *    
Un meurtre est un meurtre (Périer)           *        
Une saison en enfer (N. Risi)           *        
What a Flash ! (Barjol)       *            
Les Feux de la Chandeleur (Korber)           °   *    
Requiem pour un espion (Johnson)           *       °
Elle cause plus... elle flingue (Audiard)           °   *   °
Les Charlots font l'Espagne (Girault)           *   °    
Les Fous du stade (Zidi)   °       *   °   °
Pas folle la guêpe (Delannoy)           °       °
Priez les morts, tuez les vivants (Vari)           °       °
Comment le désir vient aux filles (Pecas)       °            
Deux Enfants qui s'aiment (Gilbert)           °        
Jane Eyre (Mann)           °        
Jeux pour couples infidèles (Desvilles)       °            
L'Œil de l'araignée (Bianchi-Montero)           °        
La Vie amoureuse de l'homme invisible (Chevalier)       °            
Le Tueur (De La Patellière)           °        
Les Aventures galantes de Zorro (Roussel)       °            
Les Galets d'Etretat (Gobbi)           °        
Les Intrus (Gobbi)           °        
Love Machine (Haley Jr)           °        
Marketa Lazarova (Vlacil)     °              
Pigalle, carrefour des illusions (Chevalier)       °            
Quelque part quelqu'un (Bellon)     °              
Skidoo (Preminger)     °              
  Buster Céline Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Ludovic Rémi Vincent

Et ceux que l'on attendra encore longtemps sur nos écrans :

  Buster Céline Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Ludovic Rémi Vincent
L'Extase des anges (Wakamatsu)       ***   ****        
Libera mon amour (Bolognini)     **   ***     ***   ***
La Femme Scorpion (Ito)         ** ****        
Elle s'appelait Scorpion (Ito)     ** *** * ***        
Sayuri, strip-teaseuse (Kumashiro)       ** *** **        
Baby Cart : le sabre de la vengeance (Misumi)         * ****        
Aveux, théorie, actrices (Yoshida)       ***            
Al tropico del cancro ( Giampaolo Lomi et Edoardo Mulargia)                   **

Nolan :
**** : Orange mécanique / Le Parrain
*** : Le Charme discret de la bourgeoisie / Délivrance
** : Les Chiens de paille / Nous ne vieillirons pas ensemble / Frenzy / L'Inspecteur Harry / Jeremiah Johnson / Le Dernier tango à Paris / Prends l'oseille et tire-toi / Abattoir cinq / Harold et Maude / Fritz le chat / Bananas / Pink Floyd à Pompéi
* : Il était une fois la révolution / Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil / Le Grand Blond avec une chaussure noire / L'aventure c'est l'aventure

Antoine :
**** : Le Charme discret de la bourgeoisie / Orange mécanique / Le Parrain
*** : Fellini Roma / Husbands
** : Sanjuro / Prends l'oseille et tire-toi / Tombe les filles et tais-toi / Bananas
* : Frenzy / Fritz le chat / Macbeth / Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil / Le Grand Blond avec une chaussure noire / Pink Floyd à Pompéi
° : Tintin et le lac aux requins / Les Charlots font l'Espagne

Timothée :
*** : Orange mécanique / Le Parrain / Fellini Roma / Délivrance / L'Amour l'après-midi / French Connection / L'Inspecteur Harry / Jeremiah Johnson / Prends l'oseille et tire-toi
** : Il était une fois la révolution / Un frisson dans la nuit
* : Une belle fille comme moi / Bananas

 

LES CHOIX DE NOS AMIS ET LECTEURS :

Frédéric :
1- Quatre nuits d'un rêveur, 2- L'Amour l'après-midi, 3- Le Charme discret de la bourgeoisie, 4- Nous ne vieillirons pas ensemble, 5- La Cérémonie, 6- La Cicatrice intérieure, 7- Un flic, 8- Husbands, 9- Fellini Roma, 10- Portrait d'une enfant déchue
Inédit : Les Saisons ( Pelechian )

Mister Arkadin :
**** : Fellini Roma (10) ; Johnny s’en va en guerre (9) ; Orange mécanique (8)
*** : Il était une fois la Révolution (8) ; Frenzy (7) ; Le Charme discret de la bourgeoisie (7)
** : L’Inspecteur Harry (7) ; Le Grand blond avec une chaussure noire (6) ; Nous ne vieillirons pas ensemble (6) ; Docteur Popaul (6) ; Un cave (6) ; Les Visiteurs (6) ; Un frisson dans la nuit (6) ; John Wayne et les cow-boys (6) ; L’aventure, c’est l’aventure (5) ; Le Dernier tango à Paris (5) ; César et Rosalie (5) ; Husbands (5) ; Une belle fille comme moi (5)
* : Justine de Sade (4) ; Le Viager (4) [la planche de Gotlieb s’inspirant de ce film : *** / 7 !] ; Prends l’oseille et tire-toi (4) ; Un flic (4) ; Sex Shop (4) ; Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (4) ; La Scoumoune (4) ; Tombe les filles et tais-toi (3) ; Bananas (3)
o : La Course du lièvre à travers les champs (2) ; Tintin et le lac aux requins (2) ; Les Charlots font l’Espagne (1) ; Les Fous du stade (1)
- (vus, mais plus assez de souvenirs pour noter, ou vus trop jeune pour avoir vraiment une opinion ; sont par définition absents ceux que j’ai vus, mais qui m’ont laissé tellement peu de souvenirs que je ne m’en rappelle même plus !) : Le Parrain ; Délivrance ; Quatre nuits d’un rêveur ; Jeremiah Johnson ; Cabaret ; Les Camisards ; Harold et Maud ; Les Contes de Canterbury ; Elle cause plus… elle flingue

Benjamin :
*** : Orange mécanique / Pink Floyd à Pompéi / Le Charme discret de la bourgeoisie / Johnny s'en va-t-en guerre / César et Rosalie / Jeremiah Johnson / Frenzy
** : Il était une fois la révolution / L'Amour l'après-midi / L'Inspecteur Harry / Un frisson dans la nuit / Le Grand Blond avec une chaussure noire
* : Le Viager / Baby Cart : le sabre de la vengeance

Pierre :
1-Orange mécanique (Kubrick) 2-Le rite (Bergman) 3-4 nuits d'un rêveur (Bresson) 4-Walkabout (Roeg) 5-La cicatrice intérieure (Garrel) 6-Avoir 20 ans dans les Aurès (Vautier) 7-Valérie au pays des merveilles (Jires) 8-Frenzy (Hitchcock) 9-Delivrance (Boorman) 10-Les camisards (Allio)
Inédits : 1-l'extase des anges (Wakamatsu) 2-L'enfant massacre (Misumi) 3-Lisa et le diable (Bava) le version non charcutée sortie en dvd (parfois datée de 73) 4-Home from the sea (Yamada) 5-Le sabre de la vengeance (Misumi) 6-The strange hostel of pleasures (Marins) 7-Le grand amour du comte Dracula (Aguirre) 8-Elle s'appelait Scorpion (Ito) 9-Libera mon amour (Bolognini) 10-Un dia de noviembre (Solas)
Courts : 1-Un lion nommé l'américain (Rouch) 2-Acéra ou le bal des sorcières (Painlevé et Hamon) 3-Dreamwood (Broughton) 4-La fille dans la vitrine (Hella) 5-La femme qui se poudre (Bokanowski)
Absents du tableau : Requiem pour un vampire (Rollin) **** Jetons les livres, sortons dans la rue (Terayama)*** le début (Panfilov)*** Hollywood USA (Cohen)*** Jeunes filles chez le gynécologue (Hofbauer)*** Viy (Erchov et Kropatchov)*** Que hacer? (Ruiz, Beckett, Serrano,Landau, Yarhaus)*** WR mysteries of the organism (Makavejev)*** Ben (Karlson)*** L'enfer de l'érotisme (Larraz)*** La goulve (Mercier)*** Jours de canicule (Halldoff)** Le corsaire des sept mers (Mulligan)** L'étreinte (Collet, Drouot)** Comment épouser une suédoise? (Steno)** L'évasion du capitaine Schlutter (Johnson)** Duplessis et après (Arcand + coll.)** Les brutes dans la ville (Parrish)** Le jour du jugement (Gariazzo)* Homicide par vocation (Sindoni)* Des filles pour mercenaires (Cerver)* La fille de Dracula (Franco)* Même à l'ombre le soleil leur a tapé sur la tête ( )0 Hellé (Vadim)0

Foxart :
1/Husbands 2/Frenzy 3/Mais ne nous délivrez pas du mal 4/French Connection 5/Johnny s'en va t'en guerre 6/Le parrain 7/Portrait d'une enfant déchue 8/L'étrange vice de Mme Wardh 9/Family life 10/Les visiteurs
La suite ici

Un simple amateur :
1- Quatre nuits d'un rêveur (Bresson) 2- Orange mécanique (Kubrick) 3- Le Charme discret de la bourgeoisie (Bunuel) 4- Nous ne vieillirons pas ensemble (Pialat) 5- Delivrance (Boorman) 6- La Cicatrice intérieure (Garrel) 7- Walkabout (Nicolas Roeg) 8- Husbands (Cassavetes) 9- Valérie au pays des merveilles (Jires) 10-Portrait d'une enfant déchue (Schatzberg)

 

LE BOX-OFFICE :

1. Orange mécanique, Stanley Kubrick, 7 602 396 entrées
2. Les Fous du stade, Claude Zidi, 5 744 270 entrées
3. Le Dernier Tango à Paris, Bernardo Bertolucci, 5 150 995 entrées
4. Il était une fois la révolution, Sergio Leone, 4 723 413 entrées
5. Les Charlots font l'Espagne, Jean Girault, 4 162 897 entrées

 

LES PRIX ET RECOMPENSES :

- Prix Louis-Delluc : Etat de siège (Costa-Gavras)
- Prix Méliès : Le Charme discret de la bourgeoisie (Luis Buñuel)
- Grand prix du cinéma français : César et Rosalie (Claude Sautet)
- Prix Jean Vigo : Continental Circus (Jérôme Laperrousaz)
- Oscar du meilleur film : French Connection (William Friedkin)
- Festival de Cannes, Palme d'or : La Classe ouvrière va au paradis (Elio Petri) & L'Affaire Mattei (Francesco Rosi)
- Festival de Berlin, Ours d'or : Les Contes de Canterbury (Pier Paolo Pasolini)
- Festival de Locarno, Léopard d'or : Bleak moments (Mike Leigh)
- Festival de Saint-Sébastien, Coquille d'or : The Glass House (Tom Gries)

 

A VOUS LA PAROLE !

A notre suite, nous vous invitons à dresser votre propre palmarès de l'année et à nous le faire parvenir, par l'intermédiaire des commentaires ou du bouton de contact, afin que nous le mentionnions à son tour ci-dessus.
(vous pouvez consulter la liste de tous les films sortis en France en 1972 sur le site Encyclo-Ciné)

 

BONUS :

L'œil de Pierre Audebert sur 1972
(texte publié sur Facebook en décembre 2014)

1972 donc, j'ai bientôt un an...je me demande si quelque part, une bonne fée savait déjà que ma principale passion serait de voir des films!
Une année de transition...L'utopie politique commence à s'estomper. Un peu partout, les luttes se radicalisent, la violence l'emporte sur l'esprit flower power. Ceci dit, on attend encore un peu pour qu'on libère sur les écrans des convois entiers de chairs dénudées qui enrichiront l'industrie du cinéma dans les années à venir. L'exploitation se cantonne à des films érotiques de plus en plus osés (les allemands et scandinaves), à l'arrivée des premières bandes martiales from Hong Kong. Le western italien entre lui dans sa seconde époque, la parodie remplace le fond politique. Le giallo se répand comme une coulée de sang.
Tout le monde semble vouloir repousser les limites dans son style respectif.
Ce n'est sans doute pas un hasard si sort enfin un des plus grands films de Bergman, "le rite" qui questionne la liberté d'expression des artistes à un moment où la libéralisation des moeurs tape du pied.

Faire un voyage en 1972, ça permet de remettre en perspective un pan d'histoire, de voir au delà des idéaux ce qui reste des grands discours politiques, de mettre sur un plan d'égalité les cinéastes reconnus d'alors et les petits auteurs de série b, de cinéma de genre, les sulfureux.

1972 sera marquée par la sortie de trois films de Philippe Garrel, dans un grand crescendo extatique. Le vertige de l'incommunicabilité emmènera bientôt l'auteur vers d'autres gouffres et des champs plus intimes. Pour le moment il s'agit d'embrasser le politique et le mythologique qui résonnent comme autant de chants ou de visions en chaque spectateur. L'expérience psychédélique arrive à son point de rupture avec "la cicatrice intérieure", hors du cercle point de salut.
C'est encore le début du règne de Cassavetes dont sortent deux opus essentiels, "Husbands" et "Minnie & Moskowitz", deux films sous-tendus par la violence des rapports humains, par la guerre des sexes, dans une société qui semble ne jamais vouloir évoluer. Pures expériences de cinéma toujours à deux doigts d'éclater...

Au cours de cette expérience vintage, j'ai un aperçu du sommet de la carrière de Michael Ritchie, avec la grandiose série B "Carnage" d'abord, où la campagne du Midwest dévoile une cruelle réalité. Encore un film où tout semble craquer sous les assauts des mâchoires d'acier de la mécanisation qui broient les individus. Ritchie réussit aussi une bonne comédie satirique sur la politique vue du côté démocrate. "Votez McKay!" reste aujourd'hui tout à fait estimable.
Certaines séries B américaines vieillissent bien, ainsi en est-il des deux films de Lamont Johnson sortis cette année là, un honnête film de stalag (l'évasion du capitaine Schlutter) et un bon film d'espionnage, très beau visuellement (dans la foulée du "Point de non-retour" de Boorman) "Requiem pour un espion". Cette année là, Pakula tourne l'un de ses chefs d'oeuvre, le autrefois très estimé "Klute", peut-être sa plus belle mise en scène. Là encore, le refoulement et la perversion contaminent tout, menaçant d'aspirer Jane Fonda dans cette part d'ombre. C'est aussi la sortie de Hollywood USA (Mondo hollywood en dvd) qui fut interdit de projection au festival d'Avignon quelques années plutôt pour incitation à l'homosexualité et à la consommation de drogue. Un gentil docu, pêchu, fourre-tout mais avec des passages étonnants et qui ne fait qu'effleurer une réalité largement connue de tous à l'époque.
Parmi ces oeuvres qui débarquent avec retard, certains semblent gentiment désuets, sans perdre toutefois leur poésie. Ainsi ce "Master of the world" avec Vincent Price, d'après Jules Verne.
Toujours côté américain, le atypique et très bien mis en scène "la balade du bourreau". Un drôle de film signé Jack Smight, qui illustre bien le rapport ambigu des américains à la peine capitale. Il commence par deux scènes extrêmement noires avant de choisir une voie plus picaresque. Dans la première, une prisonnière doit traverser une prison remplie de mâles en rut ou franchement hostiles pour aller jusqu'à la cellule qui fait office de couloir de la mort. Dans la seconde, le bourreau (Stacy Keach bien déglingué) tente de la séduire et de la posséder, simplement pour contenir son émotion, lui qui n'a jamais exécuté de femmes...
Dommage que sur la fin, le film rentre dans le rang et laisse un goût quelque peu amer sur cette question.

Deux succès de cette année 72 sont aussi à mettre à l'actif des rongeurs : "Willard" et sa séquelle "Ben". A cette époque, points d'effets numériques... Il doit bien y a voir des astuces mais les scènes où le gamin est cerné par une armée innombrable de rats sont tout à fait stupéfiantes. Sans compter que le talent de Phil Karlson (le quatrième homme) n'a pas de mal à éclipser celui médiocre, de Daniel Mann. La suite est donc largement meilleure que le premier épisode.
Le western américain connaît encore quelques beaux restes. D'abord avec la tentative psychédélisante de Peter Fonda, "l'homme sans frontières". Il ne vaut sans doute pas "Jeremiah Johnson" ou "le convoi sauvage" de Sarafian, mu par un excellent scénario mais reste une approche (parfois) contemplative intéressante. On peut en goûter des beaucoup plus classiques avec entre autres le nerveux et aride "les collines de la terreur" de Winner ou avec "la colère de Dieu" où Mitchum fait du Bob à la sauce mexicaine (comme cette année là Sergio Leone bien sur ou encore Robert Parrish).

Parfois un petit retour en arrière permet de se réconcilier avec un cinéaste dont on n'attend plus rien. Exemple pour Ken Loach qui livre avec "Family life" un brûlot impressionnant. Une mise en scène quasi documentaire et sans concession pour nous plonger dans cette chronique de la répression familiale. Où l'on voit que les années 60 n'ont guère fait évoluer la vieille Angleterre qui va porter Thatcher au pouvoir. Là encore, l'esprit de tolérance écrasé hurle sa révolte, les hippies ne vont pas tarder à teindre les crêtes de leurs petits frères dans un durcissement définitif du rapport entre les générations et les classes sociales. Mais le film vaut plus encore par sa réflexion sur la normalité, à l'intérieur d'un système que l'on perçoit aujourd'hui comme étant totalement fou. Très très grand film! Il tranche aussi avec le reste de la production anglaise, essentiellement illuminée par les derniers feux de la Hammer ("Les sévices de Dracula" avec Cushing en fou de dieu ou le superbe "la fille du docteur Jekyll") ou autres firmes (le superbe folk horror de "la Nuit des maléfices" de Piers Haggard).

Le cinéma italien se porte encore très très bien. Ce n'est pas la meilleure année de Pasolini, mais par contre Ferreri et Bertolucci livrent deux grands films, avec là aussi un durcissement réel des rapports amoureux, mortifères ou cannibales ("Liza", "le dernier tango à Paris"), mais c'est le naturalisme de Ferreri qui l'emporte. Le cinéma politique est encore très présent avec le sous-estimé et très engagé "la classe ouvrière va au paradis", l'excellent dossier à la Rosi "l'affaire Mattei" et le plus sec mais très émouvant "Confessions d'un commissaire de police" de Damiano Damiani. Ceci dit "la Califfa" et le début d'une vague plus droitière montrent que la confusion va sourdre de ces années de plomb. Le giallo est partiellement épargné et les joyaux se nomment "Orgasmo" (une folle envie d'aimer, de Lenzi), "l'étrange vice de Mrs Wardh" (de l'excellent Sergio Martino), "la tarentule au ventre noi"r et sans oublier l'"Ile de l'épouvante", un Bava mineur mais qui sert de tour de chauffe au génial suivant, "la Baie sanglante", sorti en 73 qui sera aussi une réponse à l'excellent et hystérique "Frenzy".

Le western se cherche lui aussi. d'un côté le vieux briscard Baldi livre un presque classique avec l'ambitieux "Blindman", qui pêche un peu par un certain mauvais esprit (sexiste, raciste...), ou Giuseppe Vari qui livre un quasi huis clos (chiant pour les uns, agréable pour moi) avec "Priez les morts, tuez les vivants" ou encore le plus plat "le jour du jugement". Le meilleur du lot est l'ovni "Tire encore si tu peux" du au franc-tireur Questi. La comédie s'impose avec les personnages de Sartana (Bonnes funérailles amis Sartana paiera) et de Sabata. Si le film de Carmineo reste assez classique dans sa réalisation (avec toujours un fameux sens du rythme), c'est le grand zélateur Gianfranco Parolini (voir son monumental "Yéti le géant d'un autre monde") qui enterre le genre sous une débauche d'angles biscornus, des éclairages saturés, plus baveux que Bava, qui fait basculer la scène d'intro dans le cauchemar forain. "Le retour de Sabata" ne tient évidemment pas la distance et les longueurs du scénario sont souvent parsemées d'un effet aussi impromptu que réjouissant.
Le cinéma de papa nous régale encore d'une version enjouée de Robin des bois, ici sous les traits de Giuliano Gemma et mis en scène avec bravoure par Ferroni ("la grande chevauchée de Robin des bois").

On appréciera aussi le psychédélisme de "Nécronomicon" où Franco est encore au meilleur de sa forme, ce qui n'est plus le cas en 72 avec la "fille de Dracula".
Pour les français, c'est le chant du cygne de Melville qui livre une magnifique scène de casse en introduction d'"Un flic". Dans le style, l'épure absolue... Quant à Vecchiali, il envoûte avec son "Etrangleur", véritable charge corrosive contre la société, quelque part entre thriller immobile et poème. On n'a toujours pas fait mieux dans cette veine là. Rohmer est encore en grande forme. "L'amour l'après-midi" fustige l'indécision et la lâcheté masculine, toujours avec de beaux mots et un grand sens du cadre. Bien que je les ai vus il y a fort longtemps, il faut saluer les expériences singulières du cinéma français avec "What a flash!" de Barjol, "Les soleils de l'ile de Pâques" de Kast, "la vallée" de Schroeder, "la goulve" (essai étrange de cinésotérique) de Mario Mercier ou "Tout va bien" de Godard et Gorin.
Chez les belges, "Malpertuis" un bon Harry Kummel qui traduit bien l'univers cauchemardesque de Jean Ray et une tentative de faire un cinéma érotique d'auteur avec "l'étreinte" (de Collet et Drouot) qui si on relève en effet une préoccupation esthétique certaine, ne renouvelle guère l'éternel rapport de domination que fait peser le petit bourgeois oisif sur sa servante apprivoisée.

A l'est du nouveau, mais il faudra du temps, très longtemps avant que le cinéma fantastique russe ne décolle légèrement. "Viy" reste donc un film à part, la rencontre du film de possession démoniaque avec le monde merveilleux des effets spéciaux animés du grand génie Ptouchko (ici directeur artistique). En tout cas, les amateurs de créatures fantastiques seront ravis par le finale. Drôle d'impression au départ pour "Marketa Lazarova", fresque médiévale, bombardée meilleur film tchèque de tous les temps. Mais la mise en scène expressionniste et pleine de fureur finit par emporter le morceau et par nous émouvoir avec ces histoires d'amour impossibles, engluées dans les conflits permanents de familles et factions rivales. Il n'a pourtant pas grand chose à voir avec "Andreï Roublev" auquel on le compare, si ce n'est la durée et cette image d'un cheval qui tente de se dégager d'une tourbière. La tonalité est ici beaucoup plus sombre.

L'Allemagne est en ces années là, ou très engagée et radicale ou alors légère, grivoise, grasse comme une choucroute de Munich. C'est dans cette tendance que ce situe ce joyau de l'exploitation "Jeunes filles chez le gynécologue" de Ernst Hofbauer. Il pousse le filon du faux documentaire social dans ses derniers retranchements, mixant la veine "Schulmadchen" avec un alibi médical (un peu à la manière des documentaires d'éducation sexuelle scandinave des sixties) peu crédible. On lui doit de réaliser des plans porno avant l'heure assez extraordinaires. On verra peu ses plans anatomiques démultipliés par le microscopes sur les parties génitales (et pour cause!!!). Chez Hofbauer le "pas vu" et le "vu de trop près" se rejoignent. Par ailleurs, la mise en scène est tout à fait dynamique (ah ses plans obsessionnels où le toubib se lave les mains) et témoigne dans ce genre, certes ringard, d'une véritable préoccupation cinématographique: émoustiller le spectateur et déjà, le tenir éveillé, une gageure avec un scénario pareil! ça n'a pas grand chose à voir avec le nudie américain, mais c'est à essayer...
Autres curiosités au niveau de l'exploitation, l" enfer de l'érotisme" de Jose Ramon Larraz, tourné en Grande Bretagne et qui s'avère très efficace dans cette histoire de voyeurisme et de meurtre. Pas latin pour deux sous! La "vie amoureuse de l'homme invisible" est décidément plus qu'une daube insipide. Mais on peut se laisser endormir par son rythme anémique et passer à côté. il s'agit peut-être du meilleur film de Pierre Chevallier et en tout cas, du haut du panier des productions Eurociné. Le hiératisme des acteurs et les cadrages soignés créent une vraie atmosphère, en décalage le plus souvent il est vrai, avec un scénario pas bien vaillant. Du bon nanar en tout cas. C'est aussi le cas du poétique (et exotique) "Médecin dément de l'île de sang" par le tandem philippin Gerardo De leon (dont un jour peut-être on retrouvera les grands chefs d'oeuvre classiques...) et Eddie Romero. Cette variation asiate sur l'Ile du docteur Moreau est vraiment une curiosité. Enfin, les débuts de Christina Lindberg avec ce "Jours de canicule" sont assez croustillants. le film hésite entre la grosse comédie poussive et le drame, alors qu'on sait bien que seules les scènes dénudées avec Christina sont à même de nous emballer jusqu'au terme du métrage...

Pour finir, quelques notes sur des films plus politiques. "Que hacer?" est un projet américano-chilien, un docu-fiction qui exhorte les jeunes américains à s'engager pour aider la transition démocratique au Chili et soutenir Allende. Il s'inscrit dans la famille pop, moins pour les apparitions chantées de Country Joe Mc Donald (qui évoquent celles de Jonathan Richman dans "Mary à tout prix" beaucoup plus tard) que pour ses essais à tout va de split screen, directement importées de "Woodstock" (influeront-il sur la vision fragmentée de Raul Ruiz dans son futur exil?). Film collectif, il se veut aussi choral, dans la mesure où les images documentaires s'intercalent avec celles du parcours initiatique d'une oie blanche américaine engagée dans les Peace corps et dont la naïveté entraînera le mort d'un prêtre de la théologie de la libération. 40 ans plus tard, si le procédé d'écriture reste sujet à caution, il n'empêche que le film a su saisir la montée du conflit et le climat de violence précédant la victoire d'Allende puis le golpe de la junte. Les questions qui travaillent la gauche chilienne (voir les discours du leader du Mir incarcéré) sont bien en effet les causes de leur défaite (aujourd'hui encore...).

Dans la fiction naturaliste, Losey a livré le mal aimé "l'assassinat de Trotsky". Un film absolument remarquable qui met en scène l'ambiance de complot permanent dans ce Mexique pourtant alors sous régime cardeniste. D'un côté la figure historique de Trotsky, conscient de sa fin proche, de l'autre, celle d'un tueur anodin, incarné par Delon, au jeu contraire en tout point à ses silhouettes melvilliennes. Un film d'une part sur l'éloge de la vie et de la révolution et de l'autre côté sur l'impossibilité de l'amour travaillé par la pulsion de mort. Il monte lentement et sûrement et la dernière scène, où Delon, terrassé par son crime se tortille au sol en hurlant, écrasé par la fatalité, est incroyable. Comme souvent, du grand Losey...
Enfin quelques mots sur le documentaire ou plutôt l'essai filmé, de Dusan Makavejev: "Wilhelm Reich, mysteries of the organism". Il faut sans doute mettre sur le compte du mépris dans lequel on tient aujourd'hui la révolution sexuelle de la fin des années 60, que les films de Makavejev ne soient pas édités dans l'hexagone. Cela ne fait que conforter leur parfum de scandale tout en minimisant hélas leur portée. C'est aussi malheureusement un des trop rares films sur les travaux de Reich. Du cinéma de combat, entier mais sans doute horripilant pour ses adversaires, qui ne voient là que les tics du cinéma militant.
Enfin, parmi ces mouvements cinématographiques autrefois influents, on saluera la queue du cinéma vérité québécois avec "Duplessis et après?" film choral passionnant sur les élections au Québec et les débats qui traversent les différents courants nationalistes. Là encore, une question jamais réglée, une divergence historique, aussi le film ne parait pas tellement daté!

Vous l'avez compris, il ne s'agissait pas de commenter les grands classiques d'une année particulièrement prolixe mais de revenir sur quelques oeuvres moins connues, croisées au fil d'un mois et demi d'exploration.

10/07/2014

Sur vos écrans en 1968

EDITORIAL :

Par le Dr Orlof

200100.jpgDifficile de dresser un bilan cinématographique de cette année 68 alors que le plus beau des films semble s’être déroulé dans la rue. Tout se passe comme si ce souffle de liberté, ce goût de l’insoumission que l’on ressentait depuis quelques années dans de nombreux films s’étaient soudainement propagés dans la population estudiantine et ouvrière pour faire face à un pouvoir gaulliste en pleine décrépitude. Que restera-t-il de l’embrasement de Mai 68 ? Seul l’avenir pourra nous le dire mais il est d’ores et déjà certain que rien ne sera plus comme avant.

Et le cinéma dans tout ça ? Il est amusant de constater que de nombreux réalisateurs furent, d’une certaine manière, des précurseurs de ces évènements. Lorsqu’en février 1968, le pouvoir gaulliste décide de mettre son nez dans la gestion de la Cinémathèque française et de limoger Langlois, c’est le tollé immédiat. Les cinéastes de l’ancienne "nouvelle vague" prirent alors la tête d’un vaste mouvement de protestation qui regroupa les cinéastes les plus célèbres du monde entier.
En plein cœur des évènements de mai, on retrouve Godard et Truffaut (mais également Lelouch, Malle, Berri…) venus à Cannes pour interrompre le festival. Certains cinéastes protestent (Polanski qui n’arrive pas à saisir la véritable teneur de cette révolution et qui croit voir ressurgir les spectres du stalinisme à la polonaise) tandis que d’autres retirent leurs films. Un des films préférés de notre rédaction, le splendide Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais souffrira de cette annulation du festival et sera très peu vu. Mais qu’importe : l’art se fait désormais dans la rue.
Si Truffaut et Godard sont ensemble sur scène pour empêcher la projection de Peppermint frappé de Carlos Saura en s’agrippant aux rideaux devant l’écran, c’est peu dire que leurs trajectoires respectives diffèrent. A mille lieues des évènements politico-sociaux, l’auteur des 400 coups poursuit les aventures d’Antoine Doinel dans Baisers volés. Sentimental, drôle, élégant et nostalgique, le film a enchanté notre équipe. A l’inverse, Godard a abandonné cette année les circuits traditionnels de distribution. Pour l’ORTF, il tourne un film didactique intitulé Le gai savoir mais la chaîne de télévision refuse de le diffuser. Et comme l’époque n’est plus au "je" de l’auteur mais au "nous" collectif, il tourne collectivement un film militant intéressant mais aride : Un film comme les autres.

Dans la foulée de Mai 68, les états généraux du cinéma sont créés. Une nébuleuse de films militants vont être tournés pendant les évènements et après. Les collectifs éphémères se forment et disparaissent. D’anciens élèves de l’IDHEC et les membres d’un groupe évoluant dans le cadre libertaire de la clinique psychiatrique de La Borde dirigée par Jean Oury et Félix Guattari s’étaient déjà unis pour créer le collectif ARC (atelier de recherche cinématographique) dont le but était de réaliser collectivement des films politiques et sociaux.
On pourra se faire une petite idée de toute cette effervescence militante dans la "compilation" proposée dans Mai 68 par lui-même. Certains titres sont de véritables coups de poing (La reprise du travail aux usines Wonder) tandis que d’autres sont plus directement politisés comme Oser lutter, oser vaincre du groupe "Cinéma Ligne Rouge". Pour une vision plus globale et/ou désenchantée de ces évènements, on regardera le grand documentaire de William Klein Grands soirs, petits matins ou l’intéressant film de Labarthe et Comolli Les deux marseillaises.

L’équipe de Zoom Arrière ne semble guère avoir goûté au bouillonnement révolutionnaire de Mai. Elle a distingué des films qui s’inscrivent à la fois dans le cinéma de genre (la science-fiction, le western…) mais capables néanmoins d’innover. Kubrick l’emporte avec son fabuleux 2001, l’odyssée de l’espace, grand spectacle capable de réjouir les familles du monde entier et fable métaphysique ouvrant à de multiples interprétations. Quant à Leone, il poursuit avec Le bon, la brute et le truand son travail de déconstruction des mythes du western classique. De la flopée de westerns italiens que nous avons pu voir cette année, celui-là est assurément le meilleur. Dans le même esprit, attribuons des mentions à ceux qui surent renouveler les conventions de genres stéréotypés : Polanski avec son effrayant Rosemary’s baby dans le domaine de l’épouvante, Fleischer et son étonnant Etrangleur de Boston dans le domaine du film criminel ou encore Schaffner avec son film d’anticipation La planète des singes.

Pour conclure, un petit mot des "nouveaux cinéma" qui naquirent un peu partout dans le monde à la suite de la "nouvelle vague" française et qui portaient en eux, d’une certaine manière, cet esprit de subversion qui a gagné les campus en 68. Ces courants ont été assez bien représentés cette année puisque nous avons pu découvrir un Bertolucci déjà ancien (Prima Della Rivoluzione) et un excellent Pasolini (Œdipe roi) pour l’Italie, le splendide Chronique d’Anna Magdanela Bach de Jean-Marie Straub pour l’Allemagne, le controversé Rouges et blancs de Jancso pour la Hongrie, un nouveau Forman (Au feu les pompiers) pour la Tchécoslovaquie sans parler des jeunes cinéastes français prometteurs (Luc Moullet, Philippe Garrel, Philipe Bordier…)

Que restera-t-il de 68 ? Une riche année cinématographique et l’utopie d’un monde où l’Art et la vie ne feraient plus qu’un…

 

LES CONSEILS DE NOTRE EQUIPE :

Une liste de 145 longs métrages (sur les 450 sortis en salles), avec, pour les étoiles en couleur, des liens vers des textes écrits par les contributeurs.

  Buster Céline Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Ludovic Rémi Vincent
2001, l'odyssée de l'espace (Kubrick) *** ****   *** **** **** **** **** **** ****
Le Point de non-retour (Boorman) ***   ****   **** **** ** **** **** ****
Le Bon, la brute et le truand (Leone) ** **** *** ** **** **** *** *** **** ****
Je t'aime je t'aime (Resnais) *** ****   **** *** **** *** *** *** ***
Le Plongeon / The Swimmer (Perry) ****         ****     ****  
Baisers volés (Truffaut) **** *** *** *** *** ** *** *** **** ***
Œdipe roi (Pasolini) ****     ***   **** *** ***    
L'Heure du loup (Bergman) *** *** ° **** *** **** ***   *** **
L'Incompris (Comencini) ****   **** ** ** **** *** **    
De sang-froid (Brooks) ***     *** **** **** * ***   ***
Chronique d'Anna Magdalena Bach (Straub) ****   *** ***   *** *** **   ***
Rosemary's Baby (Polanski) ** *** ** *** **** *** ** ** ****  
Bonnie et Clyde (Penn) ** *** ** *** *** *** ** ** **** ***
L'Etrangleur de Boston (Fleischer) ***     *** ** *** ** ** **** ***
Comanche Station (Boetticher) **   ****     ***       ***
La Planète des singes (Schaffner) * *** * *** *** *** ** ** **** ***
The Shooting (Hellman) ***   ° ** *** *** **   ****  
Le Dernier Train du Katanga (Cardiff)           ***       ****
Mon chemin (Jancso)         *** ****        
Le Lauréat (Nichols) *** *** *** **   ** ** * ****  
El Chuncho (Damiani)     ** *   ****       ****
La Mariée était en noir (Truffaut) *** *** ** ** ** *** ** ** *** ***
Le Bal des vampires (Polanski) ** **   ** ** *** ** ** *** ***
Danger Diabolik (Bava)     **** *   ****   °   ****
Au feu les pompiers ! (Forman) **     **   *** ** ***   ***
L'Ouragan de la vengeance (Hellman) ***   ° ** *** **     ****  
Les Biches (Chabrol) **   *** ** * **** * **   ***
Astérix et Cléopâtre (Leblanc)     **     *     ** ***
Le Livre de la jungle (Reitherman) ** ** **     ***     **  
Police sur la ville (Siegel) **   **     ***       ***
Le Détective (Douglas) ***   ***     **        
Le Temps des vautours (Girolami)       **   ***       ***
Sept Secondes en enfer (Sturges) **   ***             ***
Dix-Septième Parallèle (Ivens)   ***     ***          
Le Prêteur sur gages (Lumet)           ***     ***  
Will Penny le solitaire (Gries)           ***       ***
Reflets dans un œil d'or (Huston) ***   * * *** ****