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04/02/2020

Sur vos écrans en 1944

EDITORIAL :

Par Christophe

LeCiel00.jpgEn 1944, les sorties au cinéma subirent évidemment les répercussions de la grande Histoire. Après quatre ans de cinéma occupé et occupant, les films américains faisaient un timide retour sur les écrans parisiens. Cette année charnière fut l'occasion pour une large partie du public français de comparer les films de propagande anglais, américains et soviétiques entre eux. En effet, si Goebbels limitait l'exploitation de ses bandes de propagande militaire en France (cette année, on note quand même un Stukas), les soldats alliés arrivèrent avec dans leurs valises: Victoire du désert, Ceux qui servent en mer, Bombardier, Convoi vers la Russie, Espion nazi...Face aux Anglo-américains, les Russes, quoique non présents militairement sur le territoire français, n'étaient pas en reste avec Stalingrad, L'arc-en-ciel ou encore Un jour de guerre en URSS. C'était le résultat d'une politique d'export culturel qui, appuyée par le PCF, n'avait rien à envier à l'impérialisme américain. Dans ses intentions du moins car pour ce qui est des résultats, l'Histoire a tranché.
Rétrospectivement, le plus étonnant demeure la sortie à Paris (au Max Linder), en un mois de juin 1944 fort peu propice à l'exploitation cinématographique, d'un film de guerre japonais: Les volontaires de la mort. Ce film célébrant l'attaque de Pearl Harbour réalisé par le mentor de Kurosawa, Kajiro Yamamoto, fut sauvé par le patron de la Toho de la destruction qu'ordonna le général MacArthur des bandes de propagande nipponnes et on peut donc aujourd'hui apprécier son exceptionnel intérêt documentaire et spectaculaire. Comme de juste, Lucien Rebatet encensa ce chef d'œuvre fasciste dans Je suis partout. La critique collaborationniste était aux premières loges pour promouvoir le cinéma de l'allié asiatique, d'une qualité déjà remarquée et fort peu diffusé en Occident. L'initiative du groupe Collaboration, présidé par Alphonse de Châteaubriant, de projeter Les enfants dans le vent au cinéma Normandie le 17 mars ressortait aussi de cette politique de rapprochement culturel avec l'Axe. Cette merveille nullement propagandiste de Hiroshi Shimizu, présentée au Festival de Venise en 1938, était en effet montrée dans le cadre d'un gala au profit du Comité Ouvrier de Secours Immédiat et des Sinistrés du Cinéma, organisme créé conjointement par le PPF et le RNP pour aider les familles ouvrières mises à la rue par les bombardements alliés avec un fond abondé par les spoliations de biens juifs.
Quant aux sorties françaises, la plus notable est sans nul doute Le ciel est à vous. Outre que, tel qu'en témoigne notre classement, sa postérité est la plus favorable, il est intéressant de constater que ce grand succès de la fin de l'Occupation fut encensé aussi bien par les vichystes, qui y voyaient l'apologie des vertus pétainistes, que par les Résistants, qui y voyaient une célébration de leur esprit. Même un nazi convaincu, Lucien Rebatet, lui consacra, fait exceptionnel pour un hebdomadaire généraliste tel que Je suis partout, deux critiques dithyrambiques, deux semaines de suite. Dans le second, il répondait longuement à un lecteur qui lui avait écrit "je ne comprends pas que aimiez un film aussi typiquement vichyssois"... L'accueil du Ciel est à vous fut comme le miroir inversé de celui d'un autre chef d'œuvre de l'Occupation: Le corbeau, violemment détesté par les deux camps.
Enfin, les cinéphiles étaient bien sûr ravis de retrouver Hollywood. Si, tant en terme de qualité que de quantité, l'usine à rêve n'avait pas encore sorti l'artillerie lourde (relisez nos années 1946 et 1947 pour y constater la déferlante de films yankees), cela n'empêchait pas un Roger Leenhardt, dans Les lettres françaises, de saluer le retour de la comédie américaine avec un titre qu'il considérait pourtant tout à fait mineur: Eve a commencé.
Pour finir, la chanson du grand succès de l'année :

 

LES CONSEILS DE NOTRE EQUIPE :

Une liste de 31 longs métrages (sur les 169 sortis en salles) avec, pour les étoiles en couleur, des liens vers des textes écrits par les contributeurs.

  Christophe Jean-Luc Ludovic Vincent FredMJG Edouard Dr. Orlof
Le Ciel est à vous **** ** **** ***   *** ****
Sur la piste des Mohawks *** ** *** **** **** ***  
Les Voyages de Gulliver   ** * *** **   **
Ma femme est une sorcière     ** *** ****    
Cécile est morte * * *     ***  
Six Destins       *** **    
Le Carrefour des enfants perdus **   *   **    
Ceux qui servent en mer ** *       **  
Joies matrimoniales     ***     *  
La Malibran **   **        
Les Aventures fantastiques du baron de Münchhausen     **   **    
Premier de cordée     *   *   **
Les Volontaires de la mort ***            
L'Arc-en-ciel ***            
Par la porte d'or ***            
Les Enfants dans le vent ***            
L'Aventure d'une nuit ***            
La Vie de plaisir *         **  
Sherlock Holmes et l'arme secrète   *     **    
L'Aventure est au coin de la rue **            
La Péniche de l'amour       **      
Un de nos avions n'est pas rentré     **        
La Jeunesse d'Edison       **      
Le Bossu     *   *    
L'Ange de la nuit *   *        
La Rabouilleuse     *        
Le Voyageur sans bagages     *        
Les Petites du quai aux Fleurs *            
Plongée à l'aube         *    
Convoi vers la Russie *            
La Collection Ménard °            
  Christophe Jean-Luc Ludovic Vincent FredMJG Edouard Dr. Orlof

 

A VOUS LA PAROLE !

A notre suite, nous vous invitons à dresser votre propre palmarès de l'année et à nous le faire parvenir, par l'intermédiaire des commentaires ou du bouton de contact, afin que nous le mentionnions à son tour ci-dessus
(vous pouvez consulter la liste de tous les films de long métrage sortis en France en 1944 sur le site Encyclo-Ciné)

09/05/2013

Sur vos écrans en 1954

EDITORIAL :

tousenscene00.jpg1954, c'était Tous en scène, Voyage en Italie, El, Les Vitelloni, Marilyn, le Cinémascope... mais c'était aussi cela :

 

Par Christophe

En janvier 1954Les Cahiers du cinéma franchissaient le cap du trentième numéro. Un record pour ce genre de périodique. Le rédacteur en chef Jacques Doniol-Valcroze en profitait pour clarifier la position d'une revue à laquelle on reprochait parfois de préférer les séries B américaines aux films français dits "de qualité". Ainsi l’événement majeur de l'année serait la parution de l'article de François Truffaut Une certaine tendance du cinéma français. Après bien des hésitations, le co-fondateur André Bazin consentait enfin à publier le brûlot de son protégé. De ce fait, il entérinait la prise de pouvoir des jeunes Turcs à la rédaction. D'abord prolongement de La revue du cinéma où un joli panorama de la vie intellectuelle parisienne d'après-guerre théorisait brillamment sur le cinéma (existentialistes germanopratins, bourgeois protestants, prêtres catholiques et militants de gauche s'y côtoyaient), le mensuel se muait donc en tribune pour hussards particulièrement agités. Jacques Laurent allait d'ailleurs débaucher une bonne partie de ce petit monde pour sa prestigieuse revue Arts; Arts où, on l'oublie trop souvent, Truffaut, Rohmer, Godard et Douchet ont signé plusieurs de leurs articles majeurs.

Le point commun à tous ces jeunes gens, c'est que le cinéma constitue la base de leur formation intellectuelle. En 1954, François Truffaut n'a évidemment pas le prestige académique du mentor normalien qui l'a sorti de prison cinq ans plus tôt. Il n'a pour lui que sa sensibilité aiguë, l'aplomb de la jeunesse, un style façon Radiguet et, aussi, l'ambition d'un Rastignac (ses admirateurs doivent se souvenir de la rouerie avec laquelle il a obtenu le scénario du Journal d'un curé de campagne de Jean Aurenche*). Sa plume directe et incisive ne s'embarrasse pas des précautions oratoires de ses aînés.

Ce qui frappe donc lorsqu'on relit Une certaine tendance du cinéma français près de soixante ans après sa publication, c'est d'abord l'engagement de l'auteur par rapport à ce dont il parle. Pour s'en rendre compte, il n'y a qu'à mesurer l'abîme qui le sépare d'Alexandre Astruc lorsque celui-ci écrit en 1948 dans "Naissance d'une nouvelle avant-garde" beaucoup de choses qui seront redites par l'auteur des 400 coups. Le ton a radicalement changé. Chez Truffaut critique, la sensibilité à fleur de peau se conjugue parfaitement à la certitude du moraliste. Par intuition, il sait où sont les fausses valeurs et les attaque alors sans ménagement. "Vive l'audace certes, encore faut-il la déceler où elle est vraiment". Ce sens de la formule le rattache à la tradition frondeuse de la critique française; celle de Louis Delluc dans les années 20, celle de Lucien Rebatet sous l'Occupation. L'écrivain Truffaut a la concision du premier, la verve polémiste du second. Le spectateur Truffaut partage avec les deux les goûts qui ont toujours été ceux des authentiques cinéphiles: amour des films hollywoodiens (avant les années 60), rejet bruyant d'un certain cinéma officiel (celui promu par les grands quotidiens, les festivals, les pouvoirs publics) et défense acharnée d'une poignée d'élus considérés comme les artistes véritables. Ici, il faut en profiter pour rappeler que Une certaine tendance du cinéma français n'est pas qu'un pamphlet. C'est aussi une déclaration d'amour à Becker, Ophuls, Bresson, Cocteau, Gance et -bien sûr- Renoir. Simplement, il n'y a pas d'artiste chéri sans artiste honni, pas de critique sans distinction. Il faut aussi rappeler que Truffaut s'en prend ici à Bost et Aurenche plus qu'à aucun réalisateur. En accusant les scénaristes de la déliquescence du cinéma français, Truffaut montre l'importance du travail qui est le leur. C'est quelque chose dont devraient se souvenir les naïfs qui, tout en se réclamant abusivement de la Nouvelle Vague, opposent "mise en scène" à "scénario".

Cet article montrait aussi que la mission d'une revue comme les Cahiers n'était pas d'établir un consensus moyen, un musée officiel et relatif du bon goût, en absorbant chaque tendance de la cinéphilie, chaque courant de l'Histoire de cinéma. Tâche vaine et sans intérêt que celle d'une éponge oecuménique. Il leur fallait imposer leur vérité au monde à grand renfort de généralités théoriques. Et d'assumer ce que ces généralités peuvent avoir d'abusif avec ce qu'il faut d'esprit de provocation.

Une certaine tendance du cinéma français brille aussi par son acuité. Force est de constater que depuis soixante ans, on a rarement lu synthèse aussi juste à propos d'un pan du cinéma. En s'en prenant aussi bien à la facilité des formules qu'à la mesquinerie des scénaristes, François Truffaut cernait précisément ce qui gangrenait la production de son temps. Bien sûr, les cinéphiles intelligents savent tous que dans son ensemble, l'oeuvre d'un Autant-Lara vaut mieux que les jugements exprimés ici.** Il n'empêche que c'est bien le pessimisme de pacotille couplé à la rigidité appliquée de la mise en scène qui encore aujourd'hui rend intolérable aux yeux de ces mêmes cinéphiles Occupe toi d'AmélieLe bon Dieu sans confession ou Le rouge et le noir (tous films tournés entre 1946 et 1956). Ainsi, contrairement à une idée aujourd'hui répandue, la qualité française tel que définie par Truffaut ne se limite pas à l'académisme, qui est une tare universelle (quoiqu'excessivement répandue dans le cinéma français des années 50). C'est un mélange d'académisme, de bassesse et de noirceur facile. C'est un cinéma circonscrit à une époque (la plus sinistre du cinéma français?). C'est un cinéma qui, quoiqu'en ait écrit Serge Daney, est très différent de ceux de Carné/Prévert, Bertrand Tavernier (même si celui-ci a réhabilité Aurenche et Bost) ou Claude Sautet.

Cela n'empêche pas plusieurs passages du texte de Truffaut de s'imposer encore aujourd'hui comme des axiomes. Ainsi la phrase suivante, phrase de moraliste s'il en est: "On s'aperçoit que le public populaire préfère peut-être les naïfs petits films étrangers qui lui montrent les hommes " tels qu'ils devraient être " et non pas tels qu'Aurenche et Bost croient qu'ils sont." Cette phrase, en plus de fermer le clapet de ceux qui opposent un soi-disant élitisme de la Nouvelle Vague au "bon vieux cinéma populaire" de la qualité française, en dit bien long sur une (im)posture malheureusement éternelle. Que l'on songe à Bruno Dumont ou Gaspard Noé...

Texte essentiel s'il en est, Une certaine tendance du cinéma français cristallise un moment où la façon d'envisager le cinéma devenait plus obsessionnelle, plus intransigeante, plus érudite, plus maniaque, plus adolescente. En un mot: plus passionnée. Cinq ans après le séminal festival du film maudit de Biarritz, la cinéphilie entrait dans une sorte d'âge classique qui s'achèverait quelque dix ans plus tard avec l'apothéose mac-mahonienne. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

 

* anecdote perfidement rapportée par Henri Jeanson dans le numéro d'avril 63 du Crapouillot
** En 1965, Rivette et Godard eux-même feraient figurer 
Le journal d'une femme en blanc parmi leurs films préférés de l'année. 

Note : Le texte de François Truffaut peut être lu ICI.

 

LES CONSEILS DE NOTRE EQUIPE :

Une liste de 102 longs métrages (sur les 513 sortis en salles), avec, pour les étoiles en couleur, des liens vers des textes écrits par les contributeurs.

  Buster Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Jocelyn Ludovic Timothée Vincent
Tous en scène (Minnelli) **** **** **** **** **** **** **** **** **** ****
La Vie de O'Haru, femme galante (Mizoguchi) **** **** *** **** **** ***   ****    
Voyage en Italie (Rossellini) ****     **** **** **** ** ** **** ****
El (Buñuel) **** ** *** **** **** ***   ****    
Les Vitelloni (Fellini) *** *** *** *** **** **   *** **** ****
Touchez pas au grisbi (Becker) *** **** ** **** ****   **** *** *** *
Rivière sans retour (Preminger) *** **** *** *** **** *** *** *** *** ***
L'Amour d'une femme (Grémillon) **** **** ***              
Monika (Bergman) **** ** *** *** *** ***   *** ** ***
Les Hommes préfèrent les blondes (Hawks) *** *** *** ** **** ** *** * *** ****
La Furie du désir (Vidor) ***     *** **** ***   **    
La Femme au gardénia (Lang) *** ***     ***     ***    
Pain, amour et fantaisie (Comencini) ** *** **
  ***         **
Ulysse (Camerini)         ***     **   ***
Ouragan sur le Caine (Dmytryk) **       ***         ***
La Tour des ambitieux (Wise)       *** ***          
Passage interdit (Fregonese)   ***               ***
Si Versailles m'était conté (Guitry) *   **   ***   **     ***
Le Manteau (Lattuada) *     **   **       ****
Les Chevaliers de la Table ronde (Thorpe) *** **   ** *** **   *   *
Mogambo (Ford) ** ***   * ** **   *   ***
La Belle Espionne (Walsh)   ***   **   **        
Les Lettres de mon moulin (Pagnol)   *               ***
La Guerre des mondes (Haskin) ***   *   ****     *   **
Tant qu'il y aura des hommes (Zinnemann) * °   *** ***     **   ***
La Perle noire (Thorpe) **       ***          
Les Rats du désert (Wise)         ***          
L'Equipée sauvage (Benedek) ** *   ** *** ** **   ** **
Les Aventures de Robinson Crusoé (Buñuel) ** * ** **           **
Le Blé en herbe (Autant-Lara) *** ***     * *   *    
Les Cinq Mille Doigts du docteur T (Rowland) *     * ***     *   ***
Plus fort que le diable (Huston) * °   ** ***         ***
Le Jardin du diable (Hathaway)   **     **         **
Romance inachevée (Mann) *** *               **
Sergent la terreur (Brooks) **     * ***          
Les Gladiateurs (Daves)             ** **   **
Hondo, l'homme du désert (Farrow)                   ***
La Charge sur la rivière rouge (Douglas)                   ***
La Femme qui faillit être lynchée (Dwan)                   ***
La Poursuite dura sept jours (Butler)                   ***
La Roulotte du plaisir (Minnelli) ***                  
Le Démon des eaux troubles (Fuller)         ***          
Le Fantôme de la rue Morgue (Del Ruth)         ***          
Vacances romaines (Wyler) * °   ** **   *** * * ***
Théodora, impératrice de Byzance (Freda)   **   ** ***          
Je dois tuer (Allen) *   **     ** **      
Monsieur Ripois (Clément) *** ° ° ** ***     *   **
Victime du destin (Walsh)   ***   *            
La Reine vierge (Sidney) *       ***          
Les Massacreurs du Kansas (De Toth)   *     ***          
Le Rouge et le Noir (Autant-Lara) ** °   ** **     *   **
Prince Vaillant (Hathaway)         **   ** *    
Comment épouser un millionnaire (Negulesco) *   *   **   * *    
Papa, maman, la bonne et moi (Le Chanois) *       °   **     **
Le Défroqué (Joannon) ** **     °          
Jour de terreur (Garnett)   °     ***          
Quand la Marabunta gronde (Haskin) *                 **
L'Implacable (Parrish)   **                
L'Emprise du destin (Saenz de Heredia)                   **
Le Monstre des temps perdus (Lourié)                   **
Retour au paradis (Robson)                   **
Deux Nigauds contre docteur Jekyll et Mister Hyde (Lamont)     **              
Fille d'amour (Cottafavi)   **                
Houdini le grand magicien (Marshall)         **          
La Brigade héroïque (Walsh)   **                
La Sorcière blanche (Hathaway)                   **
Le Roi des îles (Haskin)                   **
Passion sous les tropiques (Maté)                   **
Tempête sous la mer (Webb)     **              
Une femme qui s'affiche (Cukor) **                  
Vaquero (Farrow)         **          
Huis clos (Audry)                   **
Cadet Rousselle (Hunebelle) *       *     °   **
La Porte de l'enfer (Kinugasa) * °               **
Madame du Barry (Christian-Jaque) *       *     *    
Amour, délices et golf (Taurog)     °             **
L'Affaire Maurizius (Duvivier) ** °                
Le Grand Jeu (Siodmak)       * *          
Ali Baba et les quarante voleurs (Becker) ° ° ° ° *   ° ° ** ***
Ah les belles bacchantes ! (Loubignac) °   °   °   * *   **
La Reine Margot (Dréville) *   °   *          
Expédition du fort King (Boetticher)   *                
La Cité sous la mer (Boetticher)   *                
La Marchande d'amour (Soldati)   *                
La Première Sirène (Le Roy)                   *
Le Traître du Texas (Boetticher)   *                
Avant le déluge (Cayatte) *                  
Capitaine King (King) *                  
Deux Nigauds chez Vénus (Lamont)     *              
La Fontaine des amours (Negulesco)         *          
Les Femmes s'en balancent (Borderie)         *          
Les Révoltés de Lomanach (Pottier)                   *
Bonnes à tuer (Decoin)   *                
L'Air de Paris (Carné)   *                
Le Mouton à cinq pattes (Verneuil) °   °   °     °   **
Ne me quitte jamais (Daves)   °                
L'Ennemi public numéro un (Verneuil)         °          
Mam'zelle Nitouche (Allégret)   °                
Chaussure à son pied (Lean)   °                
Noël blanc (Curtiz)         °          
Obsession (Delannoy)               °    
Poisson d'avril (Grangier)         °          
  Buster Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Jocelyn Ludovic Timothée Vincent

Et ceux que l'on attendra encore longtemps sur nos écrans :

  Buster Christophe Dr.Orlof Edouard FredMJG Jean-Luc Jocelyn Ludovic Timothée Vincent
Une Femme dont on parle (Mizoguchi) *** ****       ***        
Le Grondement de la montagne (Naruse) *** ***   ***            

Antoine :
**** : La Vie de O'Haru, femme galante
*** : Les Vitelloni
** : Rivière sans retour / Les Hommes préfèrent les blondes / La Femme au gardénia / Les Chevaliers de la Table ronde
* : L'Equipée sauvage / Ali Baba et les quarante voleurs
° : Théodora, impératrice de Byzance

Nolan :
**** : Tous en scène / Les Hommes préfèrent les blondes
*** : Touchez pas au grisbi
** : Rivière sans retour
* : La Guerre des mondes / L'Equipée sauvage
° : Ali Baba et les quarante voleurs

Rémi :
**** : Voyage en Italie / Monika
*** : Rivière sans retour / Les Lettres de mon moulin
** : Les Rats du désert
* : Ali Baba et les quarante voleurs

 

LES CHOIX DE NOS AMIS ET LECTEURS :

Benjamin (La Kinopithèque) :
**** : Tous en scène
*** : Les Hommes préfèrent les blondes / Les Chevaliers de la Table ronde
** : La Guerre des mondes / Comment épouser un millionnaire / Le Monstre des temps perdus

Mister Arkadin :
**** : Tous en scène (8) ; Voyage en Italie (8) ; Touchez pas au grisbi (8)
*** : Les hommes préfèrent les blondes (8) ; Les Vitelloni (7) ; Rivière sans retour (7)
** : Si Versailles m’était conté (6) ; Mogambo (6) ; Tant qu’il y aura des hommes (6) ; L’Air de Paris (6) ; L'Équipée sauvage (5) ; Ali Baba et les quarante voleurs (5) ; La Reine Margot (5)
* : Comment épouser un millionnaire (4)
o : Poisson d’avril (3)
- (vus, mais plus assez de souvenirs pour noter ; sont par définition absents ceux que j’ai vus, mais qui m’ont laissé tellement peu de souvenirs que je ne m’en rappelle même plus !) La Furie du désir ; Monika ; La Femme au gardénia ; Pain, amour et fantaisie ; Ouragan sur le Caine ; La Belle Espionne ; La Perle noire ; Plus fort que le diable ; Le Jardin du diable ; Sergent la terreur ; La Brigade héroïque

Frédéric :
1- Voyage en Italie, 2- Tous en scène, 3- El, 4- La vie d'Oharu, 5- L'Amour d'une femme, 6- Monika, 7- Les Hommes préfèrent les blondes, 8- La Femme au gardénia, 9- Touchez pas au grisbi, 10- Rivière sans retour

Oriane :
**** : Les Vitelloni
*** : El
* : Touchez pas au grisbi / Les Lettres de mon moulin / Plus fort que le diable
° : Si Versailles m'était conté

Un simple amateur :
1- Voyage en Italie (Rossellini) 2- Tous en scène (Minnelli) 3- El (Bunuel) 4- La vie d'Oharu (Mizoguchi) 5- L'Amour d'une femme (Grémillon) 6- Monika (Bergman) 7- Une femme dont on parle (Mizoguchi) 8- Le Grondement de la montagne (Naruse) 9- I Vitelloni (Fellini) 10- Rivière sans retour (Preminger)

 

LE BOX-OFFICE :

1. Si Versailles m'était conté..., Sacha Guitry, 6 986 788 entrées
2. Tant qu'il y aura des hommes, Fred Zinnemann, 6 398 054 entrées
3. Papa, maman, la bonne et moi, Jean-Paul Le Chanois, 5 374 131 entrées
4. Touchez pas au grisbi, Jacques Becker, 4 713 585 entrées
5. Le Rouge et le Noir, Claude Autant-Lara, 4 342 365 entrées

 

LES PRIX ET RECOMPENSES :

- Prix Louis-Delluc : Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot), sortie prévue en janvier 1955
- Prix Méliès : Le Rouge et le Noir (Claude Autant-Lara)
- Grand prix du cinéma français : Le Blé en herbe (Claude Autant-Lara)
- Oscar du meilleur film : Tant qu'il y aura des hommes (Fred Zinnemann)
- Festival de Venise, Lion d'or : Roméo et Juliette (Renato Castellani)
- Festival de Cannes, Grand Prix : La Porte de l'enfer (Teinosuke Kinugasa)
- Festival de Berlin, Ours d'or : Chaussure à son pied (David Lean)
- Festival de Locarno, Léopard d'or : La Porte de l'enfer (Teinosuke Kinugasa), Le Mouton à cinq pattes (Henri Verneuil), Les Fruits sauvages (Hervé Bromberger), Bajaja (Jiri Trnka) et Rotation (Wolfgang Staudte)
- Festival de Saint-Sébastien, Coquille d'or : Sierra maldita (Antonio del Amo)

 

REFERENDUMS :

1) Classement des dix meilleurs films de 1954 pour les Cahiers du Cinéma (tel que l'on peut l'établir à partir des listes individuelles publiées dans le n°43, janvier 1955) :

1. El (Luis Buñuel), 2. Touchez pas au grisbi (Jacques Becker), 3. Monsieur Ripois (René Clément), 4. Les Hommes préfèrent les blondes (Howard Hawks), 5. L'Equipée sauvage (Laszlo Benedek), Les Vitelloni (Federico Fellini) & Une Femme qui s'affiche (George Cukor), 8. La Femme au gardénia (Fritz Lang), 9. Les Aventures de Robinson Crusoë (Luis Buñuel), 10. Rivière sans retour (Otto Preminger) & Plus fort que le Diable (John Huston)

(Note : Voyage en Italie de Roberto Rossellini, visible en province fin 1954, est pris en compte par les critiques en 1955 après sa sortie parisienne en avril de cette année-là)

2) L'année 54 vue par Positif ("Dix ans de cinéma", n°50-51-52, mars 1963) :

" - C'est l'année de Marilyn : Niagara, Rivière sans retour, Comment épouser un millionnaire
- Les meilleurs :
Laszlo Benedek, L'Equipée sauvage / Richard Brooks, Le Cirque infernal & Sergent-la-terreur / Luis Buñuel, El & Les Aventures de Robinson Crusoë / René Clément, Monsieur Ripois / Vittorio Cottafavi, Fille d'amour / George Cukor, Une femme qui s'affiche / Federico Fellini, Les Vitelloni / Howard Hawks, La Captive aux yeux clairs / John Huston, Plus fort que le diable / Fritz Lang, Règlement de comptes / Alberto Lattuada, Le Manteau & La Louve de Calabre / Anthony Mann, L'Appât / Vincente Minnelli, Tous en scène / Otto Preminger, Un si doux visage & Rivière sans retour / George Stevens, L'Homme des vallées perdues / King Vidor, La Furie du désir / Robert Wise, La Tour des ambitieux"

 

A VOUS LA PAROLE !

A notre suite, nous vous invitons à dresser votre propre palmarès de l'année et à nous le faire parvenir, par l'intermédiaire des commentaires ou du bouton de contact, afin que nous le mentionnions à son tour ci-dessus.
(vous pouvez consulter la liste de tous les films sortis en France en 1954 sur le site Encyclo-Ciné)